{"id":939,"date":"2009-12-08T15:27:21","date_gmt":"2009-12-08T14:27:21","guid":{"rendered":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=939"},"modified":"2013-02-24T18:49:59","modified_gmt":"2013-02-24T17:49:59","slug":"le-cep-et-la-rose","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=939","title":{"rendered":"Le cep et la rose"},"content":{"rendered":"<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici donc s\u2019ach\u00e8ve l\u2019histoire racont\u00e9e par Thomas. Cette histoire, il la d\u00e9die aux amants, aux pensifs et aux amoureux, \u00e0 tous ceux qui br\u00fblent du d\u00e9sir d\u2019aimer, aux voluptueux et m\u00eame aux pervers, enfin \u00e0 tous ceux qui seront \u00e9mus et touch\u00e9s par ces vers. Je n\u2019ai sans doute pas pu plaire \u00e0 tout le monde mais j\u2019ai t\u00e2ch\u00e9 de donner le meilleur de moi-m\u00eame tout en sauvegardant le fond de v\u00e9rit\u00e9 comme je l\u2019avais promis au d\u00e9but de mon r\u00e9cit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai m\u00e9lang\u00e9 r\u00e9cits et vers afin et de fournir une histoire m\u00e9morable tout en conservant la beaut\u00e9 de la l\u00e9gende. J\u2019ai voulu, par l\u00e0, que mon r\u00e9cit plaise aux amants et qu\u2019ils puissent, d\u2019une certaine mani\u00e8re toujours s\u2019y retrouver et se souvenir d\u2019eux-m\u00eames.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puissent-ils y trouver une consolation contre l\u2019inconstance, contre l\u2019injustice, contre la peine et la souffrance, contre tous les pi\u00e8ges de l\u2019amour. (( Tristan de Thomas, c\u2019est moi qui traduis. ))<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-946 aligncenter\" title=\"Le Cep et la Rose\" alt=\"Illustration de Berce\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/cepetrose.jpg\" width=\"428\" height=\"289\" srcset=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/cepetrose.jpg 428w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/cepetrose-350x236.jpg 350w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/cepetrose-150x101.jpg 150w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/cepetrose-200x135.jpg 200w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/cepetrose-400x270.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 428px) 100vw, 428px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Je viens de terminer la lecture de Tristan et Iseut. Quelle fabuleuse histoire ! Oui je sais ! On retiendra surtout de moi l\u2019image de la lectrice contemplative perdue dans ses r\u00eaveries fantasques et romanesques, des histoires de bals costum\u00e9s, d\u2019amants masqu\u00e9s et de robes \u00e0 froufrous qui disparaissent dans la nuit. Mais c\u2019est ainsi, on ne pense pas assez \u00e0 \u00e9crire par avance sa vie pour la post\u00e9rit\u00e9. Puisque ma vie sera jug\u00e9e sur mes actes et sur la rumeur qui en d\u00e9coule, la post\u00e9rit\u00e9 retiendra de moi que je ne suis qu\u2019une lectrice r\u00eaveuse, qu\u2019une d\u00e9voreuse de livres qui glisse superficiellement \u00e0 la surface des mots sans jamais s\u2019engouffrer, sans jamais se noyer dans le corps liquide et limpide du texte, incapable d\u2019en saisir le sens, sa troublante liqueur. C\u2019est sans aucun doute ce que retiendrait mon biographe, si toutefois un biographe se donnait la peine d\u2019\u00e9crire la m\u00e9diocre destin\u00e9e qui fut la mienne. Pourtant, est-ce ma faute si le sens semble \u00e0 chaque fois s\u2019\u00e9couler de mes mains, \u00e0 chaque fois ruisseler entre mes doigts comme l\u2019eau claire que l\u2019on boit \u00e0 m\u00eame la fontaine ? On peut donner des coups d\u2019\u00e9p\u00e9e dans l\u2019eau mais on ne peut la saisir, l\u2019appr\u00e9hender pleinement des deux mains. Les livres, je les ai toujours fr\u00f4l\u00e9s, caress\u00e9s, amoureusement. Comme on caresse de la soie, en fermant les yeux pour mieux ressentir la douceur de la trame, cette texture d\u2019un autre monde, sous la pulpe des doigts. En laissant \u00e9chapper un soupir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai lu et relu Tristan et Iseut avec la ferme intention de m\u2019y noyer, de m\u2019immerger totalement dans cette tragique histoire d\u2019amour qui, finalement, je m\u2019en rends bien compte, est \u00e0 la litt\u00e9rature romanesque ce qu\u2019Adam et \u00c8ve est \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 : le mythe fondateur et cr\u00e9atif, le pourquoi d\u2019un commencement. L\u2019Eden duquel le Graal de la passion amoureuse s\u2019est myst\u00e9rieusement, et contre toute attente, \u00e9chapp\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oh ! Que je me sens gourde \u00e0 parler de livres. Moi qui n\u2019ai eu de cesse de vivre par eux, je me rends compte que, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, je n\u2019ai gu\u00e8re utilis\u00e9 de mots pour faire vivre en moi ces livres que j\u2019ai toujours ador\u00e9s\u2026 j\u2019ai toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 m\u2019entourer d\u2019images d\u2019Epinal et de r\u00eaveries fl\u00e2neuses, lesquelles, sans un mot, m\u2019entra\u00eenaient, me transportaient loin des pages d\u2019o\u00f9 pourtant elles provenaient. Je veux, ici et maintenant, m\u2019abandonner, au moins une fois, avant que n\u2019expire mon dernier souffle, \u00e0 cette folle envie de dire enfin, avec mes mots \u00e0 moi, ce que je ressens d\u2019un livre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette histoire a d\u2019abord r\u00e9veill\u00e9 en moi une autre histoire : celle de Th\u00e9s\u00e9e et d\u2019Ariane. Le trouble et la confusion sont tels que, comme deux voiles observ\u00e9es en transparence dans la lumi\u00e8re du jour, j\u2019en m\u00e9lange encore compl\u00e8tement les motifs :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tristan luttant contre le Minotaure qui r\u00e9clame son tribut et terrorise les honn\u00eates gens ; Tristan tuant le dragon, \u00e0 moins que ce ne fut une truie g\u00e9ante ; Tristan abandonn\u00e9 sur un fr\u00eale esquif \u00e0 la d\u00e9rive, \u00e0 la rencontre de son destin ; Th\u00e9s\u00e9e tombant amoureux d\u2019Iseut, ni\u00e8ce ou demi-s\u0153ur du Minotaure, \u00e0 moins que ce ne fut l\u2019inverse ; Iseut sauvant Th\u00e9s\u00e9e d\u2019une mort annonc\u00e9e en lui donnant une pelote de fil ; Tristan et Ariane fuyant le danger qui les guette ; Tristan abandonnant Ariane \u00e0 son corps d\u00e9fendant ;\u00a0la voile noire annonc\u00e9e par erreur provoquant la mort de Tristan, qui dispara\u00eet dans la mer Eg\u00e9e\u2026 Il y a un fil t\u00e9nu entre ces deux destins, une pelote qui se d\u00e9roule et qui tisse une broderie inattendue, un surfilage l\u00e9ger unissant deux galons de tissus tr\u00e8s diff\u00e9rents mais qui s\u2019ajustent parfaitement. Cette co\u00efncidence ne peut \u00eatre fortuite. Les Parques, ajusteuses de destins, sont toujours d\u2019excellentes couturi\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais ce n\u2019est pas le plus important, car c\u2019est sans doute dans leurs diff\u00e9rences fondamentales que je ressens l\u2019essentiel de ces histoires d\u2019amour : Th\u00e9s\u00e9e et Ariane ne boivent pas le philtre, Tristan et Iseut ne sont pas reli\u00e9s par un fil. En apparence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pauvre Tristan ! Triste h\u00e9ros dont le sang n\u2019a de cesse d\u2019\u00eatre souill\u00e9 par le poison ! Que j\u2019eusse aim\u00e9 \u00eatre celle qui, \u00e0 maintes reprises, te soign\u00e2t ! Combien j\u2019ai r\u00eav\u00e9 te trouver, gisant, toi et tes humeurs pleines du venin qui ronge ton dernier souffle, toi faisant appel, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e2me qui sauvera la tienne ! Quelle joie j\u2019eusse ressentie en te prodiguant, telle Iseut, amour et soin d\u2019un m\u00eame geste. Car on ne s\u2019y trompe pas, si Iseut la Blonde ma\u00eetrise la science des herbes qui soignent, elle sait pertinemment que la caresse f\u00e9brile d\u2019une bien-aim\u00e9e, que le soupir aimant et le sourire qui console sont prompts \u00e0 redonner force et vigueur \u00e0 l\u2019\u00eatre aim\u00e9. \u00a0Et lui redonner la vie. L\u2019amour, comme un souffle de vie qui efface les blessures les plus perfides et les plus profondes. Bien plus que n\u2019importe quelle d\u00e9coction de souci ou de sauge sclar\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00d4 Tristan ! Que j\u2019eusse aim\u00e9 qu\u2019un homme m\u2019aim\u00e2t comme tu le fis pour elle, fut-il sous l\u2019envo\u00fbtement d\u2019un philtre d\u2019Aphrodite, fut-il l\u00e9preux ou fut-il fou ! Que j\u2019eusse aim\u00e9 mourir de chagrin \u00e0 tes c\u00f4t\u00e9s, m\u2019emportant avec toi sous le regard supplici\u00e9 d\u2019Iseut aux Blanches Mains.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que j\u2019eusse aim\u00e9 \u00eatre cette Ariane qui te tendit le fil invisible qui la reliait \u00e0 toi. Ce fil, qu\u2019on ne nomme pas, qu\u2019on ne voit pas dans le Roman et qui se nomme d\u00e9sir, app\u00e9tit, fougue amoureuse, vertige du corps pour un autre corps, vestige de soi pour un autre que soi. Ce fil, c\u2019est pour moi ce geste d\u2019\u00e9pancher sa soif inextinguible, en buvant, \u00e0 m\u00eame la coupe, la pr\u00e9sence de l\u2019\u00eatre aim\u00e9, et de jouir de son essence, \u00a0non sous l\u2019effet d\u2019un philtre enchant\u00e9 mais <em>en d\u00e9pit<\/em> de ce charme non consenti. Ce lien, c\u2019est se d\u00e9faire du fil artificiel et ensorcel\u00e9 pour retrouver l\u2019originelle couture, la source de ce sentiment qui ruisselle en soi, cette r\u00e9surgence secr\u00e8te que l\u2019amour s\u00e9cr\u00e8te. C\u2019est boire le vin herb\u00e9 en sachant que, quoiqu\u2019il advienne, sa blanche magie n\u2019a de r\u00e9elle prise parce que les destins sont toujours d\u00e9j\u00e0 scell\u00e9s par un fil d\u2019or.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelle surprise ! Mes mots me viennent ais\u00e9ment, fluides et limpides. Aurais-je pu imaginer cela ? Aurais-je pu moi-m\u00eame \u00e9crire ces images qui m\u2019\u00e9loignaient loin des pages ? J\u2019en doute. Et il est trop tard maintenant, h\u00e9las.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, en relisant cette histoire, en la reliant \u00e0 une autre, et puis une autre, j\u2019ai fait une d\u00e9couverte fondamentale. Que ce philtre d\u2019amour, absorb\u00e9 par erreur, ne s\u2019\u00e9tait pas seulement infiltr\u00e9 dans le corps et les humeurs des deux amants, mais que, par une magie obscure que je ne saurais expliquer, ce sortil\u00e8ge s\u2019\u00e9tait secr\u00e8tement, sournoisement infiltr\u00e9 dans toute la litt\u00e9rature, depuis leur histoire jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Ainsi ce philtre, ce fil enchant\u00e9 passait de roman en roman, de po\u00e8me en po\u00e8me, de chanson en chanson, parfois t\u00e9nu et presque invisible, parfois ficelle grossi\u00e8re. Il distillait avec plus ou moins de parcimonie la beaut\u00e9 liquide de cet \u00e9lixir, de ce fiel doux amer que condamne la morale : le d\u00e9sir infini fors le lien, fors le cercle, l\u2019amour qui nous ravit malgr\u00e9 nous, gr\u00e2ce \u00e0 nous, contre tous. \u00a0Cette beaut\u00e9 qui nous foudroie quand on aper\u00e7oit le sourire d\u2019une passante, l\u2019\u0153il r\u00eaveur d\u2019un promeneur, la main gracieuse d\u2019une couturi\u00e8re, l\u2019\u00e9paule nue du b\u00fbcheron\u2026 ces mille et un signes puisent leur pouvoir de s\u00e9duction dans ce philtre primitif diss\u00e9min\u00e9 par les livres que les lecteurs, au bout de cette cha\u00eene, boivent comme un vin de communion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mille et une fois j\u2019ai bu ce breuvage sans savoir. Sans comprendre. Sans saisir la puissance de toute cette magie lib\u00e9r\u00e9e\u2026 On ne dit jamais assez ce genre de choses aux jeunes filles, pr\u00e9f\u00e9rant mille fois leur parler de vertus, de protocoles, de conventions \u00e0 respecter scrupuleusement, des atours qu\u2019elles doivent porter en soci\u00e9t\u00e9, de leur maintien quand elles vont \u00e0 la messe, de leur parler ch\u00e2ti\u00e9 dans les salons, mais jamais, au grand jamais on ne leur parle de la puissance du philtre originel, de ce d\u00e9sir sauvage du d\u00e9sir distill\u00e9 dans le lecteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m\u2019aper\u00e7ois en me trompant dans l\u2019orthographe que j\u2019ai toujours confondu le filtre et le philtre. Toute ma vie, j\u2019ai consid\u00e9r\u00e9 les livres et leurs histoires comme des filtres de lecture, un moyen de chercher \u00e0 faire correspondre la r\u00e9alit\u00e9 aux mod\u00e8les litt\u00e9raires que je m\u2019\u00e9tais choisis. J\u2019ai toujours pens\u00e9 que c\u2019\u00e9tait le seul moyen pour acc\u00e9der au secret que rec\u00e9laient <em>les mots de f\u00e9licit\u00e9, de passion et d\u2019ivresse, qui<\/em> m\u2019<em>avaient paru si beaux dans les livres.<\/em>.. Mais je me suis tromp\u00e9e. Cruellement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la r\u00e9alit\u00e9, ni Charles, ni Rodolphe, ni L\u00e9on, ces tristes h\u00e9ros, n\u2019ont bu le philtre d\u2019amour qui les lierait \u00e0 moi et qui m\u2019apporterait cet id\u00e9al, ce lien invisible et ind\u00e9fectible. Et moi, ignorante du philtre qui me gouvernait, j\u2019ai v\u00e9cu malheureuse, je n\u2019ai fait que courir apr\u00e8s des images filtr\u00e9es qui ne correspondaient pas au r\u00e9el d\u00e9sir qui m\u2019habitait.\u00a0Ce d\u00e9sir fou de d\u00e9sir, il eut peut-\u00eatre fallu simplement que je l\u2019\u00e9crive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je l\u2019ai bu. Maintenant, j\u2019ai bu le philtre qui va me lib\u00e9rer et m\u2019emmener vers la f\u00e9licit\u00e9. Et encore une fois, je suis seule \u00e0 l\u2019avoir bu. Il m\u2019en remonte pour le moment un go\u00fbt tr\u00e8s \u00e2cre dans la bouche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je repense \u00e0 la l\u00e9gende qui veut que sur les tombes des \u00e9ternels amants repoussent sans cesse un cep et un rosier enlac\u00e9s. Qu\u2019on les coupe, qu\u2019on les br\u00fble, toujours le v\u00e9g\u00e9tal pousse \u00e0 nouveau dans la nuit et relie les tombes de Tristan et Iseut \u00e0 jamais. Quelle image magnifique !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il se peut que Charles meure de chagrin pour moi. J\u2019en doute, mais ce que je sais, c\u2019est que sur nos tombes, t\u00f4t ou tard, poussera un inf\u00e2me liseron qu\u2019il faudra r\u00e9guli\u00e8rement d\u00e9sherber. \u00bb ((Paru pour la premi\u00e8re fois sur <a href=\"http:\/\/fanesdecarottes.canalblog.com\/archives\/2009\/04\/28\/13041267.html\" target=\"_blank\">Fanes de carottes<\/a>))<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Yonville, 24 mars 1846<br \/> Emma B.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*\u00a0*\u00a0*<\/p>\n<div style=\"margin-left: 40%;\">\n<p>\u00ab<em> Avant qu\u2019elle se mari\u00e2t, elle avait cru avoir de l\u2019amour ; mais le bonheur qui aurait d\u00fb r\u00e9sulter de cet amour n\u2019\u00e9tant pas venu, il fallait qu\u2019elle se f\u00fbt tromp\u00e9e, songeait-elle. Et Emma cherchait \u00e0 savoir ce que l\u2019on entendait au juste dans la vie par les mots de f\u00e9licit\u00e9, de passion et d\u2019ivresse, qui lui avaient paru si beaux dans les livres.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p><em>Madame Bovary, <\/em>G. Flaubert, chap. 5<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ici donc s\u2019ach\u00e8ve l\u2019histoire racont\u00e9e par Thomas. Cette histoire, il la d\u00e9die aux amants, aux pensifs et aux amoureux, \u00e0 tous ceux qui br\u00fblent du d\u00e9sir d\u2019aimer, aux voluptueux et m\u00eame aux pervers, enfin \u00e0 tous ceux qui seront \u00e9mus et touch\u00e9s par ces vers. 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