{"id":4610,"date":"2015-06-15T00:30:38","date_gmt":"2015-06-14T22:30:38","guid":{"rendered":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=4610"},"modified":"2015-06-26T22:48:14","modified_gmt":"2015-06-26T20:48:14","slug":"le-premier-dieu-emanuel-carnevali","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=4610","title":{"rendered":"Le premier dieu &#8212; Emanuel Carnevali"},"content":{"rendered":"<div class=\"livre\">\n<h3>Le premier dieu<br \/>\n<em>et autres proses<\/em><\/h3>\n<h4>Emanuel Carnevali<br \/>\nTraduit de l&rsquo;italien et de l&rsquo;anglais par Jacqueline Lavaud<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.editions-baconniere.ch\/\" target=\"_blank\">\u00c9ditions La Baconni\u00e8re<\/a><\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/carnevali-le-premier-dieu-la-bacon.jpg\" rel=\"lightbox[4610]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone  wp-image-4611\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/carnevali-le-premier-dieu-la-bacon-257x350.jpg\" alt=\"carnevali-le-premier-dieu-la-bacon\" width=\"201\" height=\"285\" \/><\/a><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce livre des \u00e9ditions de la Baconni\u00e8re, situ\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve, est le premier d&rsquo;une s\u00e9rie de trois ouvrages qui r\u00e9unira les \u0153uvres compl\u00e8tes d&rsquo;un \u00e9crivain et po\u00e8te pass\u00e9 inaper\u00e7u : Emanuel Carnevali. Ce premier ouvrage rassemble l&rsquo;autobiographie de Carnevali, <em>Il primo dio<\/em>, ainsi que ses textes en prose, de nombreuses nouvelles. Trois t\u00e9moignages cl\u00f4turent le livre : ceux de William Carlos Williams, Sherwood Anderson et Robert Mc Almon. L&rsquo;\u00e9dition en elle-m\u00eame est tr\u00e8s soign\u00e9e : une couverture en papier translucide imprim\u00e9 qui laisse entrevoir, dans le fond, une photographie de l&rsquo;auteur, jeune. Une belle pr\u00e9face d&rsquo;Emidio Clementi (\u00e9crivain et fondateur du groupe <em>Massimo Volume<\/em>) parach\u00e8ve l&rsquo;ouvrage.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Dans ma vie, il n&rsquo;y avait rien eu de v\u00e9ritablement triomphal, ni dans l&rsquo;ascension, ni dans la chute. L&rsquo;une et l&rsquo;autre \u00e9taient construites sur des fondations grises, l&rsquo;une et l&rsquo;autre \u00e9taient sur fond de mis\u00e8re. C&rsquo;\u00e9tait par ma faute, car j&rsquo;avais toujours affront\u00e9 les gens avec une passion excessive, avec trop de violence.<\/em> <em>Certains s&rsquo;en effrayaient, d&rsquo;autres s&rsquo;en irritaient.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">p. 116<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Emanuel Carnevali est un auteur italien n\u00e9 \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle, en 1897. Son enfance appara\u00eet comme une s\u00e9rie de d\u00e9convenues, de micro-cataclysmes\u00a0 : il na\u00eet d&rsquo;un couple d\u00e9j\u00e0 d\u00e9chir\u00e9 et s\u00e9par\u00e9 ; sa m\u00e8re, morphinomane, meurt quand il n&rsquo;a que 13 ans ; les rapports avec son p\u00e8re et son fr\u00e8re sont tumultueux ; il est renvoy\u00e9 de l&rsquo;internat \u00e0 cause d&rsquo;une \u00ab\u00a0amiti\u00e9 trop appuy\u00e9e\u00a0\u00bb pour un camarade ; \u00e0 16 ans, en compagnie de son fr\u00e8re, il fuit l&rsquo;Italie pour l&rsquo;Am\u00e9rique r\u00eav\u00e9e&#8230; Carnevali embrasse l&rsquo;espoir de conqu\u00e9rir les \u00c9tats-Unis mais d\u00e9s l&rsquo;arriv\u00e9e la d\u00e9sillusion le saisit :\u00a0 \u00ab <em>J&rsquo;\u00e9prouvai une des plus grandes d\u00e9ceptions de ma mis\u00e9rable vie. Ces fameux gratte-ciel n&rsquo;\u00e9taient rien d&rsquo;autre que d&rsquo;\u00e9normes bo\u00eetes se dressant devant nous&#8230;<\/em>\u00bb Les d\u00e9convenues continuent : les boulots mis\u00e9rables, le froid, la faim qui creuse le ventre, les meubl\u00e9s poussi\u00e9reux qui repr\u00e9sentent pour lui l&rsquo;Am\u00e9rique : le lieu inhabit\u00e9, ce squatte permanent o\u00f9 le corps et l&rsquo;esprit ne font que s&rsquo;\u00e9corcher sur les meubles, sur la mat\u00e9rialit\u00e9 du monde&#8230;<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Je suis \u00e0 nouveau vagabond. Je loge en meubl\u00e9. Dans une maison aux chambres meubl\u00e9es. Un domicile pour les sans-domicile, les orphelins, les putes, les maquereaux, les vieilles filles et les vieux gar\u00e7ons pauvres, les homosexuels, les jeunes dactylos qui ne s&rsquo;en sortent pas, les serveurs et les portiers. Le foyer am\u00e9ricain typique : le meubl\u00e9. [&#8230;] Dans un meubl\u00e9 on d\u00e9pose r\u00e9guli\u00e8rement les souillures de son corps et de son cerveau &#8212; nul\u00a0 vent ne p\u00e9n\u00e8tre pour les disperser &#8211;, la chambre est le compos\u00e9 de mes rebuts mat\u00e9riels et spirituels [&#8230;] La chambre ne sait rien de ce qui est bon en moi. Elle ne peut donc me reconna\u00eetre et il m&rsquo;est impossible d&rsquo;\u00eatre un h\u00e9ros ici. Je suis contraint d&rsquo;\u00eatre ce fou abject que ses yeux font de moi.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">p. 178<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9 trop tard pour \u00eatre romantique et trop t\u00f4t pour faire partie de la <em>beat<\/em> g\u00e9n\u00e9ration ou pour \u00eatre po\u00e8te de rock&rsquo;n&rsquo;roll, Emanuel Carnevali est le po\u00e8te qui n&rsquo;arrive pas\/plus \u00e0 se d\u00e9finir dans un monde qu&rsquo;il ne reconnait pas, une \u00e9poque qu&rsquo;il ne comprend plus, une langue qui n&rsquo;est pas la sienne (son \u0153uvre est essentiellement \u00e9crite en am\u00e9ricain). M\u00fb par une rage sans fond, par le d\u00e9sespoir de rester m\u00e9connu, Carnevali explore son explosion \u00e0 travers son \u0153uvre : son incapacit\u00e9 sociale, avec le travail mais aussi avec les amis, ses relations tumultueuses avec les femmes\u00a0 qu&rsquo;il pr\u00e9f\u00e8re laides parce qu&rsquo;elles ne peuvent pas le d\u00e9cevoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il rentre tout de m\u00eame dans la sph\u00e8re litt\u00e9raire par le biais de la \u00ab\u00a0petite mais prestigieuse revue \u00ab Poetry \u00bb, dirig\u00e9e par Harriet Monroe\u00a0\u00bb dans laquelle il publie des po\u00e8mes, des essais (et qu&rsquo;il co-dirigera un temps). Il se f\u00e2che avec avec William Carlos Williams, ce qui donnera lieu \u00e0 une joute d&rsquo;articles crois\u00e9s. Et puis, la maladie. On pense d&rsquo;abord \u00e0 la syphilis mais non, ce serait trop attendu : on lui diagnostique une enc\u00e9phalite l\u00e9thargique qui va le poursuivre toute sa vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De New-York, Carnevali a ralli\u00e9 Chicago o\u00f9 il rencontre Sarl Sandburg, Sherwood Anderson. Sa maladie l&rsquo;oblige \u00e0 se retirer loin de la ville&#8230; Il retentera quelques incursions litt\u00e9raires (il co-dirige la revue <em>Youth<\/em>) avant de retourner en Italie en 1922, soit seulement huit ans apr\u00e8s son arriv\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De retour en Italie, ses amis am\u00e9ricains gardent le contact avec lui et l&rsquo;encouragent \u00e0 \u00e9crire, l&rsquo;aident \u00e0 se soigner&#8230; En 1924, ses m\u00e9decins lui annoncent qu&rsquo;il n&rsquo;a plus que trois ans \u00e0 vivre&#8230; ce qui met en \u00e9moi ses amis qui commencent \u00e0 recueillir ses \u00e9crits pour les publier en volume. En 1925, para\u00eet \u00e0 Paris, chez Contact \u00c9ditions dirig\u00e9es par Robert Mc Almon, <em>Hurried man<\/em>, seul livre publi\u00e9 du vivant de l&rsquo;auteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il se lie d&rsquo;amiti\u00e9 avec Ezra Pound qui lui commande des extraits de sa traduction en italien des <em>Illuminations<\/em> de Rimbaud, il lui traduit \u00e9galement le <em>Cantos VIII.<\/em> Mais il se brouille avec lui, l&rsquo;ann\u00e9e suivante, lui reprochant son attachement au fascisme&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1942, vingt ans apr\u00e8s son retour en Italie, Carnevali meurt en s&rsquo;\u00e9touffant avec un bout de pain. Il ne faut pas croire les m\u00e9decins quand ils lancent des oracles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faudra attendre 1978, 34 ans apr\u00e8s sa mort, pour que paraissent enfin la traduction italienne du <em>Premier Dieu, <\/em>assur\u00e9e (et s\u00e9v\u00e8rement expurg\u00e9e) par sa demi-s\u0153ur Maria Pia Canevali. Les \u00e9ditions Arcane 17 publieront la seule traduction fran\u00e7aise en 1986.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pr\u00e9sente \u00e9dition a fait un important travail de recherche pour r\u00e9habiliter l\u2019\u0153uvre originale (sa demi-s\u0153ur avait retir\u00e9 toutes les allusions haineuses au p\u00e8re et \u00e0 la religion) et j&rsquo;avoue que j&rsquo;ai h\u00e2te de lire les volumes suivants pour d\u00e9couvrir sa po\u00e9sie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La vie d&rsquo;Emanuel Carnevali, tr\u00e8s bri\u00e8vement r\u00e9sum\u00e9e ci-dessus, montre clairement le parcours d&rsquo;une <em>unsuccess story<\/em>. Tout semble rat\u00e9 dans cette vie. L&rsquo;enfance, l&rsquo;\u00e9migration vers la terre promise, les amiti\u00e9s, la vie amoureuse. Et l&rsquo;histoire n&rsquo;aime ni ne retient les \u00e9checs, ou alors il faut qu&rsquo;ils soient suffisamment significatifs pour \u00e9lever la personne \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de mythe. Mais Carnevali le dit : il n&rsquo;est pas ce h\u00e9ros attendu par son \u00e9poque. Carnevali n&rsquo;est pas Shakespeare ni Rimbaud, ce n&rsquo;est pas Bukowski, ni Miller, ni Kerouac.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant son \u00e9criture ac\u00e9r\u00e9e, son lyrisme atrabilaire, sa noirceur d\u00e9sabus\u00e9e montre une Am\u00e9rique quelque peu diff\u00e9rente, loin de l&rsquo;ang\u00e9lisme mat\u00e9rialiste, une vision apocalyptique o\u00f9 une certaine forme de folie enterrerait toute forme d&rsquo;art.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Je croyais qu&rsquo;\u00e9tait venu pour les po\u00e8tes le temps de la peste, le temps de la fin : la fin des chants, des odes, des po\u00e8mes, de toutes les vieilles sottises moisies. Pour les po\u00e8tes qui, tels des moineaux d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, abandonnaient partout leurs excr\u00e9ments. J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9go\u00fbt\u00e9 par les c\u0153urs d\u00e9licats que les po\u00e8tes ostentent dans la paume de leurs mains, sanguinolents troph\u00e9es de leur guerre avec la vie, qu&rsquo;ils trament sur les autoroutes et les raccourcis de l&rsquo;existence, en criant : \u00ab A l&rsquo;aide, \u00e0 l&rsquo;aide ! \u00bb, la bouche ensanglant\u00e9e, bien qu&rsquo;ils sachent parfaitement que nul ne les \u00e9coutera. (Qui diable \u00e9coute les po\u00e8tes, sinon d&rsquo;autres po\u00e8tes ?) D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 g\u00eet le grand monde, de l&rsquo;autre le petit po\u00e8te, avec ses mots microscopiques ; le roi de la forme, le danseur infatigable.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">p. 110<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce d\u00e9sespoir dans le monde le pousse \u00e0 r\u00e9inventer une spiritualit\u00e9 dont il serait le centre absolu, \u00ab <em>le Premier Dieu, le Dieu unique<\/em> \u00bb. \u00ab <em>Pour \u00eatre un dieu, un vrai dieu, il fallait se saturer de choses simples : c&rsquo;\u00e9tait la voie la plus commode pour atteindre la perfection de la divinit\u00e9.<\/em> \u00bb p. 111<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est un livre essentiel qui nous rappelle que derri\u00e8re toutes les <em>success stories<\/em> de la litt\u00e9rature il y a aussi des \u00e9checs terribles et que les raisons de ces d\u00e9convenues ne sont pas uniquement le fait d&rsquo;une absence de talents, de chances&#8230; Les appuis dans le milieu ne peuvent accomplir de miracle (nombreux de ses amis, dont Ezra Pound ont d\u00e9fendu son \u0153uvre). Il faut aussi rencontrer ses lecteurs. A l&rsquo;\u00e9poque, aucun \u00e9diteur (ou presque) n&rsquo;a voulu pari\u00e9 sur Carnevali. Les \u00e9ditions La Baconni\u00e8re tentent maintenant de rem\u00e9dier \u00e0 cette situation (dans la francophonie). Gageons qu&rsquo;elles y r\u00e9ussissent !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce livre des \u00e9ditions de la Baconni\u00e8re, situ\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve, est le premier d&rsquo;une s\u00e9rie de trois ouvrages qui r\u00e9unira les \u0153uvres compl\u00e8tes d&rsquo;un \u00e9crivain et po\u00e8te pass\u00e9 inaper\u00e7u : Emanuel Carnevali.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4611,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[233,474,475,14,72,346],"tags":[379,99],"class_list":["post-4610","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-autobiographie","category-carnevali-emanuel","category-la-baconniere","category-lecture","category-nouvelles","category-recit","tag-litterature-americaine","tag-litterature-italienne"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/06\/carnevali-le-premier-dieu-la-bacon.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4610","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4610"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4610\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4660,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4610\/revisions\/4660"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4611"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4610"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4610"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4610"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}