{"id":4425,"date":"2015-04-14T22:25:14","date_gmt":"2015-04-14T21:25:14","guid":{"rendered":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=4425"},"modified":"2015-04-16T22:21:41","modified_gmt":"2015-04-16T21:21:41","slug":"ellis-island-georges-perec","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=4425","title":{"rendered":"Ellis Island &#8212; Georges Perec"},"content":{"rendered":"<div class=\"livre\">\n<h3>Ellis Island<\/h3>\n<h4>Georges Perec,<br \/>\nP.O.L., 2010<\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/ellis_island1.jpg\" rel=\"lightbox[4425]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4429 size-medium\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/ellis_island1-221x350.jpg\" alt=\"\" width=\"221\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/ellis_island1-221x350.jpg 221w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/ellis_island1-150x238.jpg 150w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/ellis_island1-200x317.jpg 200w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/ellis_island1.jpg 329w\" sizes=\"auto, (max-width: 221px) 100vw, 221px\" \/><\/a><\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"intro\"><em>Ellis Island<\/em> est un court texte de Georges Perec pr\u00e9vu \u00e0 l&rsquo;origine pour accompagner un film documentaire, r\u00e9alis\u00e9 en 1980 par Robert Bober, sur une id\u00e9e originale de l&rsquo;INA et diffus\u00e9 par TF1 les 25 et 26 novembre de la m\u00eame ann\u00e9e. Les \u00e9ditions du Sorbier et l&rsquo;INA firent para\u00eetre ce texte (avec des photographies prises pendant le tournage). En 1994, les \u00e9ditions P.O.L. r\u00e9\u00e9dit\u00e8rent cet opuscule en l&rsquo;enrichissant de documents annexes. L&rsquo;\u00e9dition que j&rsquo;ai choisie est la derni\u00e8re \u00e9dition, con\u00e7ue par Madame Ela Bienenfeld, qui se concentre uniquement sur le texte de Perec pour en souligner la \u00ab confrontation avec le lieu m\u00eame de la dispersion, de la cl\u00f4ture, de l&rsquo;errance et de l&rsquo;espoir \u00bb.<\/div>\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;aime l&rsquo;id\u00e9e que les auteurs soient saisis, hant\u00e9s par des lieux. C&rsquo;est le cas de Marguerite Duras pour laquelle ma fascination m&rsquo;a longuement occup\u00e9 par le pass\u00e9 : unit\u00e9 et obsession du lieu, que ce soit dans un square, dans un terrain vague, un h\u00f4tel au bord de la mer&#8230; C&rsquo;est aussi ce que j&rsquo;aime chez Pierre Cendors : le lieu n&rsquo;est pas seulement charg\u00e9 de symboles ou d&rsquo;histoires (ou d&rsquo;Histoire avec une grande Hache comme le soulignait Perec dans <a title=\"W ou le souvenir d\u2019enfance, Georges Perec\" href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/2008\/10\/18\/w-ou-le-souvenir-denfance-georges-perec\/\"><em>W ou le souvenir d&rsquo;enfance<\/em><\/a>) cens\u00e9s ajouter des couches s\u00e9mantiques, sensorielles, \u00e9motionnelles avec l&rsquo;intrigue, non ! il fait corps avec le personnage ou le narrateur et entre en r\u00e9sonance avec le lecteur qui l&rsquo;associe comme un personnage \u00e0 part enti\u00e8re dans la narration qu&rsquo;il per\u00e7oit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Perec d\u00e9veloppe d\u00e9j\u00e0 cette vision du lieu dans <em>La vie, mode d&#8217;emploi<\/em>, dans lequel le lieu, le 11 rue Simon-Crubellier, est la matrice m\u00eame de l&rsquo;histoire. C&rsquo;est \u00e0 partir du lieu que se construit, tel un puzzle, la narration, selon une logique oulipienne d\u00e9finie \u00e0 l&rsquo;avance. Dans <a title=\"W ou le souvenir d\u2019enfance, Georges Perec\" href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/2008\/10\/18\/w-ou-le-souvenir-denfance-georges-perec\/\"><em>W ou le souvenir d&rsquo;enfance<\/em><\/a>, l&rsquo;\u00eele W est le lieu o\u00f9 converge le r\u00e9cit. Tous ces lieux sont inexistants, ce sont des non-lieux, des lieux imaginaires, utopiques\/dystopiques dans lesquels Perec puise ou diss\u00e9mine une partie de sa m\u00e9moire, de son histoire ou perd son lecteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec Ellis Island Perec entreprend le chemin inverse : partir d&rsquo;un lieu r\u00e9el, d&rsquo;un lieu document\u00e9 pour aller, finalement et peut-\u00eatre sans v\u00e9ritablement le vouloir, vers le lieu imaginaire, int\u00e9rieur, biographique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/Ellis_Island_in_1905.jpg\" rel=\"lightbox[4425]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-4511\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/Ellis_Island_in_1905-1024x808.jpg\" alt=\"Ellis_Island_in_1905\" width=\"800\" height=\"718\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ellis Island, surnomm\u00e9e L&rsquo;\u00eele des larmes, devint \u00e0 partir de 1892 le point de passage oblig\u00e9 pour rentrer en Am\u00e9rique. Perec d\u00e9crit l&rsquo;histoire de ce lieu qui met progressivement en place une gestion rationalis\u00e9e\u00a0 des flux migratoires de masse.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab <em>Seize millions d&rsquo;immigr\u00e9s passeront \u00e0 Ellis Island, \u00e0 raison de cinq \u00e0 dix mille par jour. La plupart n&rsquo;y s\u00e9journeront que quelques heures ; deux \u00e0 trois pour cent seulement seront refoul\u00e9s. En somme, Ellis Island ne sera rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une usine \u00e0 fabriquer des Am\u00e9ricains.<\/em> \u00bb p. 15<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">A partir de 1924, les conditions d&rsquo;immigrations deviennent plus restrictives (2%) et Ellis Island devient \u00ab <em>un centre de d\u00e9tention pour les \u00e9migr\u00e9s en situation irr\u00e9guli\u00e8res<\/em> \u00bb puis un mus\u00e9e \u00e0 partir des ann\u00e9es 70. Fid\u00e8le \u00e0 sa mani\u00e8re\u00a0 quasi obsessionnelle de proc\u00e9der, Georges Perec dresse des inventaires dans lesquelles se c\u00f4toient des listes interminables de chiffres (les migrants class\u00e9s par pays d&rsquo;origine,\u00a0 etc.) et de noms (ceux des bateaux qui acheminaient les immigr\u00e9s, les ports d&rsquo;o\u00f9 ils provenaient&#8230;).<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab<em>Cela ne veut rien dire, de vouloir <\/em><br \/>\n<em>faire parler les images, de les\u00a0 <\/em><br \/>\n<em>forcer \u00e0 dire ce qu&rsquo;elles ne\u00a0 <\/em><br \/>\n<em>sauraient dire.<\/em><br \/>\n<em>Au d\u00e9but, on ne peut qu&rsquo;essayer \u00a0<\/em><br \/>\n<em>de nommer les choses, une \u00a0<\/em><br \/>\n<em>\u00e0 une, platement, \u00a0<\/em><br \/>\n<em>les \u00e9num\u00e9rer, les d\u00e9nombrer, \u00a0<\/em><br \/>\n<em>de la mani\u00e8re la plus \u00a0<\/em><br \/>\n<em>banale possible, \u00a0<\/em><br \/>\n<em>de la mani\u00e8re la plus pr\u00e9cise \u00a0<\/em><br \/>\n<em>possible, \u00a0<\/em><br \/>\n<em>en essayant de ne rien oublier.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">p. 43<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui frappe Perec en d\u00e9couvrant le site, c&rsquo;est le caract\u00e8re r\u00e9solument banal de ces lieux charg\u00e9s d&rsquo;histoires ; \u00ab <em>rien ne ressemble plus \u00e0 un lieu abandonn\u00e9 | qu&rsquo;un autre lieu abandonn\u00e9<\/em>. \u00bb. Puis le discours se transforme peu \u00e0 peu : de la simple description des lieux Perec en arrive \u00e0 une question beaucoup plus subjective, \u00e0 savoir pourquoi, lui, Perec, est venu dans cette \u00eele et pour y chercher quoi ? Pourquoi Robert Bober en a-t-il fait de m\u00eame et quelles sont ses raisons ? Et quelles traces, ou quelle absence de traces viennent quotidiennement chercher tous ces touristes de la m\u00e9moire, en rangs serr\u00e9s, \u00e0\u00a0 Ellis Island ?<\/p>\n<div style=\"text-align:center\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/1kOZ9Y3R52Q\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette interrogation soudaine marque une rupture dans le documentaire : l\u2019observateur devient l\u2019observ\u00e9 dans le contexte du documentaire. Ce n\u2019est plus tant un film sur Ellis Island qu\u2019un film qui s\u2019interroge sur la raison m\u00eame de sa production. Cette irruption de l\u2019observateur dans sa propre production a de quoi d\u00e9stabiliser le zappeur du XXIe si\u00e8cle dont je suis, trop accoutum\u00e9 qu\u2019il est aux besoins imp\u00e9rieux d&rsquo;une objectivation journalistique devenue la norme t\u00e9l\u00e9visuelle actuelle. Cette norme qui veut que le reporter s\u2019efface derri\u00e8re la cam\u00e9ra pour y substituer le spectateur, pour superposer et fusionner les deux regards, pour son immersion, pour sa concentration sur l\u2019objet explor\u00e9, et <em>in fine<\/em> pour obtenir sa totale adh\u00e9sion au discours. Ce qui m\u2019interpelle dans ce documentaire, c\u2019est l\u2019infinie po\u00e9sie de la monstration qui cache et d\u00e9voile, dans le m\u00eame \u00e9lan, son aporie originelle, les limites de sa surface physique auxquelles ne peut s\u2019ajouter les dimensions historiques, \u00e9motionnelles, subjectives\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Tu n\u2019as rien vu \u00e0 Ellis Island\u00a0 semble r\u00e9p\u00e9ter Georges Perec.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab \u2026<em>ce que moi, Georges Perec, je suis venu questionner ici, c\u2019est l\u2019errance, la dispersion, la diaspora. \u00a0<\/em><br \/>\n<em>Ellis Island est pour moi le lieu m\u00eame de l\u2019exil, \u00a0<\/em><br \/>\n<em>c\u2019est-\u00e0-dire \u00a0<\/em><br \/>\n<em>le lieu de l\u2019absence de lieu, le non-lieu, le nulle part. \u00a0<\/em><br \/>\n<em>C\u2019est en ce sens que ces images me concernent, me fascinent, m\u2019impliquent, \u00a0<\/em><br \/>\n<em>comme si la recherche de mon identit\u00e9 \u00a0<\/em><br \/>\n<em>passait par l\u2019appropriation de ce lieu-d\u00e9potoir \u00a0<\/em><br \/>\n<em>o\u00f9 des fonctionnaires harass\u00e9s baptisaient des \u00a0<\/em><br \/>\n<em>Am\u00e9ricains \u00e0 la pelle. \u00a0<\/em><br \/>\n<em>Ce qui pour moi se trouve ici \u00a0<\/em><br \/>\n<em>ce ne sont en rien des rep\u00e8res, des racines ou des traces, \u00a0<\/em><br \/>\n<em>mais le contraire : quelque chose d\u2019informe, \u00e0 la limite du dicible, \u00a0<\/em><br \/>\n<em>quelque chose que je peux nommer cl\u00f4ture, ou scission, ou coupure, \u00a0<\/em><br \/>\n<em>et qui est pour moi tr\u00e8s intimement et tr\u00e8s confus\u00e9ment li\u00e9 au fait m\u00eame d\u2019\u00eatre juif.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">pp. 57-58<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et l\u2019erreur serait de penser que Perec, par une superposition photographique de lieux abandonn\u00e9s, de lieux hant\u00e9s par un traitement industriel de masses humaines, ait l\u2019id\u00e9e, la tentation de construire un parall\u00e8le entre Ellis Island et les camps de concentration.\u00a0 Ce n\u2019est pas son propos. La plupart des gens pass\u00e9s par cet endroit l\u2019ont fait pour fuir une situation \u2014 pr\u00e9caire, dangereuse, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e \u2014 et en trouver une autre, meilleure. C\u2019est le lieu de cette m\u00e9tamorphose, de cette \u00ab\u00a0scission\u00a0\u00bb sociale, psychologique, linguistique qui fascine Perec. C\u2019est ce maillon manquant de sa propre condition, lui qui ne conna\u00eet ni ses a\u00efeuls, ni sa langue d\u2019origine, qui ne partage aucun souvenir, aucun rite de ses anc\u00eatres.\u00a0 \u00ab<em>\u00a0Quelque part, \u00e9crit-il, je suis \u00e9tranger par rapport \u00e0 quelque chose de moi-m\u00eame ; quelque part, je suis \u201cdiff\u00e9rent\u201c, mais non pas diff\u00e9rent des autres, diff\u00e9rent des \u201cmiens\u201c\u2026<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mutation (au sens biologique et g\u00e9ographique) ne se con\u00e7oit pour lui que dans l\u2019abandon d\u2019une mue pr\u00e9c\u00e9dente, d\u2019une disparition et d\u2019une perte in\u00e9luctable. Ce n\u2019est pas le cas de Bober qui lui, au contraire, y voit une prolongation, une perp\u00e9tuation de la tradition, de la langue, de la culture dans un ailleurs. C\u2019est pour lui juste un arbre dont les racines changent de terreau quand pour Perec il s&rsquo;agit d&rsquo;un greffon que l&rsquo;on transplante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La lecture de ce texte et le visionnage du film (qui est disponible pour une somme modique sur le <a href=\"http:\/\/www.ina.fr\/video\/CPA80054236\/traces-video.html\" target=\"_blank\">site de l\u2019INA<\/a>) r\u00e9sonnent \u00e9trangement en ces temps o\u00f9 les diasporas ne font que perp\u00e9tuer la diss\u00e9mination de l\u2019homme commenc\u00e9e depuis l\u2019aube des temps. Je me dis que Perec, s\u2019il \u00e9tait toujours parmi nous, irait sans aucun doute \u00e0 Calais ou \u00e0 Lampedusa o\u00f9, \u00e0 pr\u00e9sent, le naufrage des hommes s&rsquo;est d\u00e9plac\u00e9, comme il se d\u00e9place en permanence, l\u00e0 o\u00f9 les haines le conduisent, provoquant d&rsquo;autres haines, celles &#8212; plus obsc\u00e8nes encore &#8212; des pays h\u00f4tes, l\u00e0 o\u00f9 les boat-people \u00e9chouent tous les jours sous le regard impuissant et compatissant de ceux qui ne font que constater, chaque jour, \u00e0 travers la petite lucarne qui les connecte au monde.<\/p>\n<div class=\"livre\">\n<h3>Bleu naufrage<\/h3>\n<h4>Denis Heudr\u00e9<br \/>\n<a href=\"http:\/\/lasirene.etoilee.monsite-orange.fr\/\" target=\"_blank\">\u00e9ditions La Sir\u00e8ne \u00e9toil\u00e9e<\/a>, 2015<\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/bleunaufrage.jpg\" rel=\"lightbox[4425]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-4506 alignnone\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/bleunaufrage-138x350.jpg\" alt=\"bleunaufrage\" width=\"138\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/bleunaufrage-138x350.jpg 138w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/bleunaufrage-150x380.jpg 150w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/bleunaufrage-200x507.jpg 200w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/bleunaufrage.jpg 245w\" sizes=\"auto, (max-width: 138px) 100vw, 138px\" \/><\/a><\/div>\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais si Perec n\u2019est plus l\u00e0 d\u2019autres prennent la rel\u00e8ve et c\u2019est \u00e9trange car il y a quelques jours, alors que j\u2019\u00e9crivais sur cette lecture d\u2019<em>Ellis Island<\/em>, j\u2019ai re\u00e7u de Denis Heudr\u00e9 un message me pr\u00e9sentant son recueil : <em>Bleu Naufrage \u2014 \u00e9l\u00e9gie de Lampedusa<\/em>. Un recueil qui fait r\u00e9sonner ce monde en naufrage permanent. Et avec les mots du po\u00e8tes, adress\u00e9s \u00e0 l\u2019enfant reposant dans le petit cercueil blanc n\u00b015,\u00a0 le recueil devient recueillement et \u00e9cueils pour faire parler les morts et les vivants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab <em>m\u00eame si certains pensent \u00a0<\/em><br \/>\n<em>pensent que les mots des morts ne servent \u00e0 rien \u00a0<\/em><br \/>\n<em>t\u2019\u00e9crire comme si je cherchais dans les miens \u00a0<\/em><br \/>\n<em>la langue de ton espoir \u00a0<\/em><br \/>\n<em>un peu de sable de Lampedusa \u00a0<\/em><br \/>\n<em>une sorte d\u2019\u00e9lan \u00e0 ne pas accepter l\u2019indiff\u00e9rence\u2026<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Denis Heudr\u00e9, <a href=\"http:\/\/lasirene.etoilee.monsite-orange.fr\/denisheudre\/index.html\" target=\"_blank\"><em>Bleu Naufrage \u2014 \u00e9l\u00e9gie de Lampedusa<\/em><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Prolonger la lecture :<\/h4>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.letemps.ch\/Page\/Uuid\/97300b06-8f70-11df-82a1-b63a5d5594b6\/Ellis_Island_le_r%C3%AAve_de_limmigration_choisie\" target=\"_blank\"><em>Ellis Island, le r\u00eave de l\u2019immigration choisie<\/em><\/a>\u00a0\u00bb par Sylvie Arsever sur ww.letemps.ch<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ellis Island est un court texte de Georges Perec pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019origine pour accom\u00adpa\u00adgner un film docu\u00admen\u00adtaire, r\u00e9a\u00adlis\u00e9 en 1980 par Robert Bober<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4429,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[460,459,14,422,19,346],"tags":[449,448,450],"class_list":["post-4425","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-editions-la-sirene-etoilee","category-heudre-denis","category-lecture","category-p-o-l","category-perec","category-recit","tag-ellis-island","tag-ile","tag-immigration"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/ellis_island1.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4425","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4425"}],"version-history":[{"count":26,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4425\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4518,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4425\/revisions\/4518"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4429"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4425"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4425"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4425"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}