{"id":4189,"date":"2014-09-11T22:23:44","date_gmt":"2014-09-11T21:23:44","guid":{"rendered":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=4189"},"modified":"2014-09-24T00:08:48","modified_gmt":"2014-09-23T23:08:48","slug":"muette-eric-pessan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=4189","title":{"rendered":"Muette &#8211; Eric Pessan"},"content":{"rendered":"<div class=\"livre\">\n<h3>Muette<\/h3>\n<h4>Eric Pessan,<br \/>\nAlbin Michel, 2013<\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/muette.jpg\" rel=\"lightbox[4189]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4194 size-medium\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/muette-239x350.jpg\" alt=\"Muette, d'Eric Pessan, Ed. Albin Michel\" width=\"239\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/muette-239x350.jpg 239w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/muette-150x219.jpg 150w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/muette-200x292.jpg 200w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/muette.jpg 342w\" sizes=\"auto, (max-width: 239px) 100vw, 239px\" \/><\/a><\/div>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Un roman \u00e0 fugues<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Muette<\/em> est une fugue. Celle d&rsquo;une adolescente mal dans sa peau qui fuit ses parents, sa vie monotone, l&rsquo;absurdit\u00e9 et la cruaut\u00e9 du monde des adultes et celle, sous-jacente, de l&rsquo;\u00e9criture. Un livre en soi est d\u00e9j\u00e0 une cristallisation de l&rsquo;image de la fuite\u00a0: celle de l&rsquo;auteur, qui ruse sans cesse pour ne pas \u00e9crire, mais qui \u00e9crit malgr\u00e9 ses ruses ((\u00ab <em>La ruse, c&rsquo;est ce qui contourne, mais comment contourner la ruse ? Question-pi\u00e8ge, question pr\u00e9-texte, et pour chaque fois retarder l&rsquo;in\u00e9luctable moment d&rsquo;\u00e9crire. Chaque mot que je posais n&rsquo;\u00e9tait pas jalon, mais d\u00e9tour, mati\u00e8re \u00e0 r\u00eavasser. Pendant ces quinze mois, j&rsquo;ai r\u00eavass\u00e9 sur ces mots-m\u00e9andres, comme, pendant quatre ans, sur le divan, j&rsquo;ai r\u00eavass\u00e9 en regardant les moulures et les fissures du plafond.<\/em> \u00bb <em>Penser\/Classer<\/em>, Georges Perec, p,60)) ; celle du lecteur pour lequel le livre est un refuge, un abri, une fa\u00e7on d&rsquo;entrer dans une part du r\u00e9el qu&rsquo;il a choisi pour contrecarrer celle que le quotidien lui impose : la <em>vie mat\u00e9rielle<\/em> ; celle du personnage qui tente d&rsquo;\u00e9chapper, tragiquement ou non, au destin, qu&rsquo;il soit choisi par l&rsquo;auteur ou pressenti par le lecteur: m\u00eame Achab, lorsqu&rsquo;il traque sans rel\u00e2che sa baleine blanche, est un personnage en cavale, quand le traquer devient le fuir de soi-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Muette fuit, donc. Et fuyant, elle tra\u00eene, avec et contre elle son pass\u00e9. Muette est pleine des paroles de ses parents comme un surmoi gonfl\u00e9 et gonflant qui radotent sans cesse les m\u00eames litanies : Combien Muette fait mal les choses et combien son existence est lourde, gauche, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce qu&rsquo;on aurait voulu qu&rsquo;elle soit :\u00a0 \u00ab\u00a0<em>Elle nous aura tout fait&#8230;<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<em>elle nous rendra fous<\/em>\u00a0\u00bb r\u00e9p\u00e8te \u00e0 tout-va sa m\u00e8re. Des voix qui ressassent aussi ces imp\u00e9ratifs r\u00e9p\u00e9titifs comme autant d&rsquo;injonctions tournant \u00e0 vide &#8211; telles les exp\u00e9riences r\u00e9p\u00e9t\u00e9es sur le chien de Pavlov \u2013 et maintenus avec insistance, et soutenus vigoureusement pour contr\u00f4ler la vie de Muette (comme on le ferait d&rsquo;une marionnette)\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Tu me promets que tu ne me cacheras rien, je suis ta m\u00e8re. J&rsquo;ai le droit de savoir tout ce qui te concerne<\/em>\u00a0\u00bb allant m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 la volont\u00e9 de r\u00e9\u00e9crire ou de nier l&rsquo;histoire de Muette : \u00ab\u00a0<em>Ne dis pas n&rsquo;importe quoi, ce sont des accusations graves<\/em>\u00ab\u00a0. Mais aussi ces phrases lapidaires, ces pierres jet\u00e9es \u00e0 la figure qui, amoncel\u00e9es, forment \u00e0 elles-seules le grand cairn sur lequel est grav\u00e9e la morale parentale : \u00ab\u00a0<em>Personne ne fait de cadeau \u00e0 personne<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<em>Faut avoir les pieds sur terre<\/em>\u00ab\u00a0&#8230; Toutes ces litanies racontent en d\u00e9finitive l&rsquo;histoire, par trame successive, de la \u00ab\u00a0vraie vie\u00a0\u00bb de famille, morne, bassement mat\u00e9rielle, indiff\u00e9rente au monde et mensong\u00e8re \u00e0 elle-m\u00eame : une m\u00e8re trop t\u00f4t m\u00e8re et qui le reproche \u00e0 demi-mot \u00e0 son enfant, un p\u00e8re taiseux et col\u00e9rique, un oncle libidineux, un couple qui se d\u00e9chire sur fond de surendettements, d&rsquo;alcool, d&rsquo;ennui et d&rsquo;humiliations. Mais il y a aussi, entre deux r\u00e9criminations, quelques souvenirs touchants qui ressurgissent : la tendresse de l&rsquo;une, la d\u00e9tresse de l&rsquo;autre&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9cits se superposent sans cesse en faisant du r\u00e9el le palimpseste qu&rsquo;il est ((Ce proc\u00e9d\u00e9 de superposition des r\u00e9cits sera port\u00e9 \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame dans <em>Le syndrome de Sh\u00e9h\u00e9razade<\/em>, livre du m\u00eame auteur sur lequel je reviendrai.)) : vie r\u00e9elle, vie r\u00eav\u00e9e, vie abhorr\u00e9e, vie film\u00e9e (la premi\u00e8re fugue est celle qu&rsquo;elle imagine comme une superproduction cin\u00e9matographique), vie secr\u00e8te, vies multiples, vie int\u00e9rieure, vie sexuelle\u2026 C&rsquo;est cette interaction entre ces vies multiples qui donnent \u00e0 Muette cette consistance, cette \u00ab\u00a0r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb qui la rendent sous nos yeux tr\u00e8s pr\u00e9sente, tr\u00e8s vivante. Et la vie ne serait rien sans l&rsquo;ombre de la mort qui se pr\u00e9sente \u00e0 Muette comme une somme de propositions (m\u00eame la mort joue avec la transparence des r\u00e9cits possibles), de conclusions possibles \u00e0 son histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne faut jamais perdre de vue que l&rsquo;histoire n&rsquo;est port\u00e9e \u00e0 la connaissance du lecteur que sous le prisme de l&rsquo;unique subjectivit\u00e9 de la narratrice. Ce point est essentiel, il me semble, pour la bonne compr\u00e9hension du roman : cela explique beaucoup de choses sur la nature parfois caricaturale du r\u00e9cit, pour lequel Eric Pessan a magistralement trouv\u00e9 une voix en accord avec cette terre int\u00e9rieure et inconnue que doit \u00eatre pour lui une adolescente. D&rsquo;ailleurs Muette affleure la question de la subjectivit\u00e9 lorsque un chevreuil vient la visiter sous sa grange. Se retenant de le caresser pour ne pas faire ce \u00ab <em>geste qui ferait de lui l&rsquo;esclave domestiqu\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;est pas<\/em> \u00bb, elle \u00ab <em>se demande si les gestes et les mots dont elle a pu souffrir ont \u00e9t\u00e9 faits sans penser \u00e0 mal eux aussi<\/em>. [\u2026]<em> Toujours les autres \u00e9taient les salauds et elle la victime<\/em> \u00bb (p. 157)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un peu plus loin cette magnifique interrogation :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab <em>Que sait une mouche du fonctionnement d&rsquo;une automobile \u00e0 l&rsquo;instant o\u00f9 elle s&rsquo;\u00e9crase sur son parebrise ?<\/em> [\u2026] <em>elle ne sait rien de ce qu&rsquo;elle croit conna\u00eetre, elle ne voit qu&rsquo;une version tronqu\u00e9e des choses, elle entraper\u00e7oit de vagues reflets mouvants d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 bien plus complexe et trompeuse.<\/em> \u00bb (p. 157)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Personnellement, adolescent, j&rsquo;ai souvent per\u00e7u le monde avec ces sentiments contradictoires que sont l&rsquo;incompr\u00e9hension totale des rouages qui le font avancer, l&#8217;empathie absolue et profonde de sa trajectoire (le monde a mal et, ce faisant, me fait mal) et son rejet r\u00e9dhibitoire et de sa responsabilit\u00e9 (le monde ment et triche, ce qui m&rsquo;arrive est de sa faute). Parfois par superposition, parfois par oscillation d&rsquo;un \u00e9tat \u00e0 l&rsquo;autre. J&rsquo;ai trouv\u00e9 donc cette incertitude subjective tr\u00e8s justement trait\u00e9e dans Muette.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;ombre de <em>Rash\u014dmon<\/em><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/rashomon_wife.jpg\" rel=\"lightbox[4189]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-4299\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/rashomon_wife.jpg\" alt=\"Akira Kurosawa, Rashomon\" width=\"400\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/rashomon_wife.jpg 400w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/rashomon_wife-350x253.jpg 350w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/rashomon_wife-150x108.jpg 150w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/rashomon_wife-200x145.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a>Revenons \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 subjective : Eric Pessan fait r\u00e9f\u00e9rence dans ses remerciements \u00e0 <em>Rash\u014dmon<\/em>, un film d&rsquo;Akira Kurosawa (1950). Ayant revu le film (ma derni\u00e8re boulimie des films de Kurosawa datait des ann\u00e9es 2000), j&rsquo;ai trouv\u00e9 qu&rsquo;il fournissait une clef \u00e0 la lecture du roman. ((Il est \u00e9tonnant que nombre d&rsquo;auteurs maintenant fournissent avec leur \u0153uvre une somme de r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires, cin\u00e9matographiques, musicales, etc. ayant particip\u00e9 \u00e0 sa gen\u00e8se. Ce qui pourrait sembler n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une mani\u00e8re d&rsquo;orienter didactiquement le lecteur n&rsquo;est en fait qu&rsquo;une volont\u00e9 de montrer\u00a0 l\u2019\u0153uvre par ses fondations, une mani\u00e8re de dire, d&rsquo;avouer que rien ne na\u00eet de rien. L&rsquo;intertextualit\u00e9 est fournie, non pas comme un mode d&#8217;emploi, mais comme une fa\u00e7on de montrer dans quel contexte s&rsquo;inscrit l\u2019\u0153uvre, l&rsquo;humeur &#8212; car la g\u00e9n\u00e9alogie d&rsquo;une \u0153uvre n&rsquo;est pas que raison &#8212; et la r\u00e9flexion de l&rsquo;auteur.))\u00a0 Ce film de Kurosawa est un des premiers \u00e0 montrer par l\u2019\u0153il de la cam\u00e9ra, non pas la v\u00e9rit\u00e9 lin\u00e9aire de l&rsquo;action, mais les v\u00e9rit\u00e9s subjectives et superpos\u00e9es de chacun des personnages : on y d\u00e9couvre une sc\u00e8ne de crime par le truchement de cinq t\u00e9moignages-r\u00e9cits diff\u00e9rents (dont celui de la victime et celui de l&rsquo;assassin). Chaque t\u00e9moignage rapport\u00e9 pr\u00e9sente une version des faits qui honore avant tout le t\u00e9moin (et narrateur), qui le met en valeur, qui l&rsquo;expose sous une lumi\u00e8re flatteuse qui ne d\u00e9nature pas le profil qu&rsquo;il veut qu&rsquo;on per\u00e7oive de lui. Le film apporte un regard pessimiste sur l&rsquo;humanit\u00e9 : peu importe \u00e0 l&rsquo;homme la v\u00e9rit\u00e9, la morale, le bien : toute r\u00e9alit\u00e9 est un mensonge esth\u00e9tique o\u00f9 seule est importante la mise en sc\u00e8ne de sa propre image. C&rsquo;est le <em>selfie<\/em> avant l&rsquo;heure, en quelque sorte.<\/p>\n<p class=\"sdfootnote\" style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est cette lecture qui rend \u00e0 mon avis le roman plus profond qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet\u00a0: ce livre ne raconte pas les \u00ab\u00a0Malheurs de Muette\u00a0\u00bb \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;une Comtesse de S\u00e9gur, il les englobe dans une r\u00e9alit\u00e9 enti\u00e8rement born\u00e9e par la narratrice. Et le lecteur, s&rsquo;il se laisse parfois embobin\u00e9 par sa voix de Sir\u00e8ne (apr\u00e8s tout c&rsquo;est l&rsquo;essence m\u00eame de la litt\u00e9rature, on ne peut lui reprocher cette empathie naturelle \u00e0 gober tout ce qu&rsquo;on lui pr\u00e9sente sous les yeux), garde \u00e0 l&rsquo;esprit que la situation \u00ab\u00a0psychologique\u00a0\u00bb de Muette n&rsquo;est peut-\u00eatre qu&rsquo;un trompe-l\u2019\u0153il, un mensonge arrang\u00e9, un t\u00e9moignage <em>alla<\/em> <em>Rash\u014dmon<\/em>. De cette sensation ambigu\u00eb et contradictoire na\u00eet un doute, un soup\u00e7on perfide. Dans <em>L\u2019\u00c8re du soup\u00e7on<\/em> (1956), Nathalie Sarraute explique que \u00ab\u00a0<em>non seulement<\/em> [l&rsquo;auteur et le lecteur] <em>se m\u00e9fient du personnage de roman, mais, \u00e0 travers lui, ils se m\u00e9fient l&rsquo;un de l&rsquo;autre.<\/em>\u00a0\u00bb C&rsquo;est ce jeu de cache-cache, de fuite et de traque que propose le roman depuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle maintenant. Et <em>Muette<\/em> n&rsquo;y \u00e9chappe pas, ou plut\u00f4t si\u00a0: Muette nous \u00e9chappe totalement, \u00e0 nous lecteur et \u00e0 lui l&rsquo;auteur, Eric Pessan. Elle \u00e9chappe \u00e0 tout\u00a0: aux gendarmes venus la chercher, \u00e0 ses parents, \u00e0 sa propre r\u00e9alit\u00e9\u2026 Elle nous file entre les doigts de la m\u00eame mani\u00e8re que Daphn\u00e9 \u00e9chappe \u00e0 Apollon ((<em>Muette<\/em> s&rsquo;ach\u00e8ve sur un extrait des <em>M\u00e9tamorphoses<\/em> d&rsquo;Ovide et fait d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, par une collision intertextuelle, glisser son roman dans la grande histoire mythologique)), en changeant compl\u00e8tement d&rsquo;\u00e9tat, en se substituant \u00e0 ce que nous croyions d\u00e9fini et d\u00e9finitif : c&rsquo;est la m\u00e9tamorphose incessante. Celle d&rsquo;une fille en adolescente, en d\u00e9j\u00e0 presque femme \u00e9mancip\u00e9e de ce qui veut la contr\u00f4ler, en renarde ivre de se lib\u00e9rer de sa propre histoire, de ne se laisser enfermer dans une quelconque \u00ab\u00a0morale\u00a0\u00bb, ni d&rsquo;\u00eatre circonscrite dans une conclusion et un point final d\u00e9finitif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, la renarde, totalement lib\u00e9r\u00e9e de son auteur et de son lecteur, continue sa fugue et s&rsquo;\u00e9loigne au loin emportant avec elle, telle la baleine blanche, le d\u00e9sir nouveau et insatiable de la poss\u00e9der vraiment.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Muette est une fugue. 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