{"id":413,"date":"2009-03-03T00:49:17","date_gmt":"2009-03-02T22:49:17","guid":{"rendered":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=413"},"modified":"2013-03-04T00:20:15","modified_gmt":"2013-03-03T23:20:15","slug":"mon-chien-stupide-john-fante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=413","title":{"rendered":"Mon chien Stupide &#8212; John Fante"},"content":{"rendered":"<div class=\"livre\">\n<h3>Mon chien Stupide<br \/>Rome West<\/h3>\n<h4>John Fante<br \/>\u00c9ditions Christian Bougeois, coll. 10|18<em><br \/><\/em>Trad. de l&rsquo;am\u00e9ricain <br \/>par Brice Mathhieussent<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-414 alignnone\" title=\"Mon chien Stupide, John Fante\" alt=\"Mon chien Stupide, John Fante\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/03\/monchienstupide-215x350.jpg\" width=\"215\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/03\/monchienstupide-215x350.jpg 215w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/03\/monchienstupide-150x243.jpg 150w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/03\/monchienstupide-200x325.jpg 200w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/03\/monchienstupide.jpg 399w\" sizes=\"auto, (max-width: 215px) 100vw, 215px\" \/><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-419\" title=\"Op\u00e9ration masse critique de Babelio.com\" alt=\"Op\u00e9ration masse critique de Babelio.com\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/03\/babelio.gif\" width=\"210\" height=\"66\" \/><\/a><\/div>\n<p> <em>Ce livre, dont j&rsquo;avais lu un billet dans le nid d&rsquo;Ekwerkwe, m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 par <a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/\">Babelio <\/a>dans le cadre de l&rsquo;op\u00e9ration Masse critique. <\/em><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Climax avec poils<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Henri Molise, un \u00e9crivain minable vit dans sa maison en forme de Y \u00e0 Point Dume, dans le d\u00e9cor convenu de la Baie de Santa Monica. Tout para\u00eet petit, \u00e9triqu\u00e9, m\u00e9diocre, rat\u00e9\u00a0 : \u00e0 commencer par lui-m\u00eame, moiti\u00e9 alcoolo, r\u00e9ac et raciste, l\u00e2che;\u00a0 sa relation amoureuse avec sa femme Harriet semble \u00eatre un fiasco, ses quatre enfants lui sont des plaies, pourris, g\u00e2t\u00e9s, irresponsables, un peu le portrait de leur p\u00e8re quand on y r\u00e9fl\u00e9chit&#8230; Sa carri\u00e8re d&rsquo;\u00e9crivain repose sur quelques romans de jeunesse \u00e9crits il y a longtemps&#8230; Presque un \u00ab\u00a0has never been\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu&rsquo;arrive-t-il alors\u00a0 lorsque surgit de nulle part \u00ab\u00a0<em>un tr\u00e8s gros chien au poil fourni, marron et noir, dot\u00e9 d&rsquo;une t\u00eate massive et d&rsquo;un court museau noir aplati, une t\u00eate m\u00e9lancolique \u00e0 la sombre gueule d&rsquo;ours<\/em>\u00a0\u00bb ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Stupide, tel est le sobriquet que l&rsquo;on pr\u00eate \u00e0 cet animal\u00a0 d\u00e9barquant comme un chien dans un jeu de quilles ou dans un jeu de sept familles, son vrai nom : \u00ab\u00a0Tu le regretteras\u00a0\u00bb. Dans la famille Stupide je demande le chien ! C&rsquo;est \u00e0 se demander qui du ma\u00eetre (et de sa famille) ou de l&rsquo;animal, fut-il un peu \u00ab\u00a0p\u00e9d\u00e9\u00a0\u00bb, fut-il obs\u00e9d\u00e9 par le d\u00e9sir de saillir le premier chien ou homme venu, est le plus stupide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce chien d\u00e9barque dans la vie de cette famille \u00e0 un moment crucial : le narrateur ne r\u00eave que d&rsquo;une chose, se d\u00e9barrasser de ses enfants, vendre ce qu&rsquo;il lui reste et partir seul \u00e0 Rome, sa Rome mythologique o\u00f9 il y retrouverait le \u00ab\u00a0sens du sens de la vie\u00a0\u00bb, le pays de ses racines&#8230; Harriet, elle, t\u00e2che de retarder l&rsquo;in\u00e9luctable, le d\u00e9part de ses enfants et peut-\u00eatre, incidemment, le moment o\u00f9 elle se retrouvera seule avec son mari. Le chien sert alors tour \u00e0 tour de pr\u00e9texte et d&rsquo;instrument pour l&rsquo;un et l&rsquo;autre dessein.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vanessa, dans <a href=\"http:\/\/iam-like-iam.blogspot.com\/2009\/02\/la-stupidite-de-lhomme-face-la-baleine.html\">un billet tr\u00e8s inspir\u00e9, parle du rapport \u00e0 la parentalit\u00e9<\/a> dans ce livre. C&rsquo;est vrai que ces questions de la parentalit\u00e9 sont lancinantes dans le roman :\u00a0 l&rsquo;\u00e9ducation des enfants, le regard qu&rsquo;on porte sur eux, l&rsquo;obstination \u00e0 vouloir les contr\u00f4ler, \u00e0 ne pas les l\u00e2cher ou au contraire \u00e0 ne plus les supporter, \u00e0 r\u00eaver de s&rsquo;en d\u00e9barasser. Dans ce jeu de quilles, il y a aussi le couple qui para\u00eet un fr\u00eale esquif \u00e0 la d\u00e9rive, avec ses facheuses habitudes, ses vraies fausses disputes, ces jeux de \u00ab\u00a0je te quitte toi non plus\u00a0\u00bb, ses perversions&#8230; la morne vie amoureuse dont la trame principale, qui repose sur les relations filiales, s&rsquo;effiloche in\u00e9luctablement, tragiquement.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Du lieu o\u00f9 l&rsquo;on vit au lieu que l&rsquo;on r\u00eave<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question du lieu est centrale \u00e9galement : du lieu o\u00f9 l&rsquo;on vit au lieu que l&rsquo;on r\u00eave, en passant par les substances qui font croire \u00e0 l&rsquo;\u00e9vasion, il y a une infinit\u00e9 de lieux qui sont autant de refuges, de pi\u00e8ges, de cauchemars&#8230; Tina, la fille, r\u00eave de partir loin vers le nord avec son amoureux, mais elle n&rsquo;arrive qu&rsquo;\u00e0 tourner autour de la maison paternelle, pr\u00e9textant tout et n&rsquo;importe quoi pour y revenir. Jamie voudrait \u00e9viter la conscription et pourtant tout le pr\u00e9cipite l\u00e0-bas : surtout quand ce chien qu&rsquo;il adore et qu&rsquo;il prot\u00e8ge tente de saillir un homme sur la plage&#8230; qui plus tard d\u00e9cidera de son avenir militaire&#8230; Il\u00a0 y a toujours dans le roman une ironie cruelle, un cynisme outrancier du destin&#8230; Ainsi si Rome n&rsquo;est pas possible, alors rien d&rsquo;autre n&rsquo;est possible et surtout pas les r\u00eaves des autres&#8230; ou alors, peut-\u00eatre, ceux du chien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reste qu&rsquo;il est assez difficile de vraiment bien parler de ce livre : son style, court et cinglant comme une pluie glac\u00e9e fait passer du rire \u00e0 l&rsquo;horreur, du m\u00e9pris \u00e0 la honte&#8230;\u00a0 <a href=\"http:\/\/ekwerkwe.wordpress.com\/2008\/10\/28\/mon-chien-stupide-john-fante\/\">Ekerkwe <\/a>souligne l&rsquo;impressionnante palette de sentiments et d&rsquo;\u00e9motions qui assaillent le lecteur&#8230; et c&rsquo;est vrai que j&rsquo;ai ressenti un grand vide apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 sous ce d\u00e9luge condens\u00e9&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En commen\u00e7ant ce livre j&rsquo;avais pens\u00e9 \u00e0 un autre chien de roman, celui de V. Woolf, <em>Flush<\/em>. Aucune similitude \u00e9videmment entre le cocker anglais et cet akita am\u00e9ricain. Quoique&#8230; l&rsquo;humour est au rendez-vous dans ces deux \u0153uvres&#8230; peut-\u00eatre la tentation du cynisme !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne r\u00e9siste pas \u00e0 l&rsquo;envie de citer un court extrait pour faire sentir ce style \u00e9conome et pr\u00e9cis \u00e0 la fois. Des phrases courtes et juxtapos\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 provoquer une certaine naus\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">La paix.<br \/> Qu&rsquo;est-ce que la paix ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle vit dans l&rsquo;aile est, je vis dans l&rsquo;aile nord. Nous avons trois chambres chacun. Je tonds la pelouse. J&rsquo;entame un nouveau roman. Mon style a chang\u00e9. Il ne me pla\u00eet pas. Elle fait de la poterie. Elle \u00e9tudie les sciences occultes. Je joue au golf. J&rsquo;ai des cauchemars. Des Noirs r\u00f4tissent Dominic dans un chaudron. Elle a des cauchemars. Jamie passe en cour martiale, on place un bandeau sur ses yeux, les balles claquent. Je change de chambre, elle change de chambre. Nous dormons ensemble. Elle ronfle. Elle pr\u00e9tend que je ronfle. Nous changeons encore de chambre. Mon roman s&rsquo;\u00e9croule. J&rsquo;en entame un autre. Qu&rsquo;est-il arriv\u00e9 \u00e0 mon style ? Elle me lit les tarots. Les cartes sont sinistres. Elle ne peut achever sa lecture. La Tour. Le Pendu. Mes cartes, la Mort, la Catastrophe, la Ruine.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><cite>p.136<\/cite><\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En commen\u00e7ant ce livre j&rsquo;avais pens\u00e9 \u00e0 un autre chien de roman, celui de V. Woolf, Flush. Aucune similitude \u00e9videmment entre le cocker anglais et cet akita am\u00e9ricain. 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