{"id":4111,"date":"2013-05-07T10:00:43","date_gmt":"2013-05-07T09:00:43","guid":{"rendered":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=4111"},"modified":"2013-05-07T11:19:25","modified_gmt":"2013-05-07T10:19:25","slug":"hirondelle-ou-martinet-serge-cazenave-sarkis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=4111","title":{"rendered":"Hirondelle ou martinet ? &#8211; Serge Cazenave-Sarkis"},"content":{"rendered":"<p>\u00a0<\/p>\n<div class=\"livre\">\n<h3>Hirondelle ou martinet<\/h3>\n<h4>Serge Cazenave-Sarkis<br \/><a href=\"http:\/\/www.editionsdelabatjour.com\/\" target=\"_blank\">\u00c9ditions de l&rsquo;Abat-Jour<\/a><br \/><a href=\"http:\/\/fr.ulule.com\/hirondelle-ou-martinet\/\" target=\"_blank\">Souscriptions et pr\u00e9commandes sur Ulule<\/a><\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"Hirondelle ou martinet ? Nouvelles de Serge Cazenave\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/hirondelle-233x350.jpg\" width=\"233\" height=\"350\" \/><\/div>\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Hirondelle ou martinet ?<\/em> Tel un Sphinx gardant jalousement &#8211; un brin de cruaut\u00e9 mal dissimul\u00e9 dans son \u0153il vicieux &#8211; l&rsquo;entr\u00e9e du dernier recueil de nouvelles de Serge Cazenave-Sarkis, ce titre, dans sa pose narquoise, ne nous accorde dans sa forme interrogative qu&rsquo;une maigre alternative. Ici pas d&rsquo;\u00e9nigme, pas de mot de passe secret. C&rsquo;est le principe m\u00eame de la question ferm\u00e9e : la bourse ou la vie ? La corde ou le flingue ? Hirondelle ou martinet ? Question ferm\u00e9e pour dire la fermeture, l&rsquo;\u00e9troitesse r\u00e9tr\u00e9cissante du monde Cazeneuvien. Un r\u00e9tr\u00e9cissement &#8211; de la vie, de l&rsquo;espace, de la soci\u00e9t\u00e9 &#8211; que n&rsquo;aurait pas d\u00e9daign\u00e9 un autre grand amateur de romans noirs, Boris Vian. Une fermeture qui s&rsquo;accorde parfaitement avec la luminosit\u00e9 ambiante. Plus noir que noir, comme le nouvel Omo, sauf que \u00e7a ne lave rien ! Car dans ce recueil, nos yeux, graduellement soumis \u00e0 une noirceur croissante, trouvent encore le noir trop satur\u00e9 de couleurs et de lumi\u00e8res, et quand la lumi\u00e8re nous parvient malgr\u00e9 tout, nous en suspectons imm\u00e9diatement l&rsquo;origine : incendie criminel, d\u00e9flagration d&rsquo;arme \u00e0 feu ou aube de la derni\u00e8re heure ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nul n&rsquo;entre ici s&rsquo;il recherche l&rsquo;amour, la paix, la douceur de vivre&#8230; Tel devrait \u00eatre l&rsquo;avertissement au lecteur inscrit en blanc sur noir sur le frontispice de ce livre. En trois mot, comme en mille, \u00e7a va saigner ! Les humeurs vont jaillir des corps, les \u00e2mes se d\u00e9liter, devenir d\u00e9l\u00e9t\u00e8res, les masques tomber d&rsquo;eux-m\u00eames&#8230; Si certaines nouvelles vont flirter avec le cauchemar absolu comme dans la nouvelle \u00ab\u00a0Le Gonze\u00a0\u00bb (dans lequel le narrateur m&rsquo;a fait penser \u00e0 un tableau de Bacon peint au sabre plut\u00f4t qu&rsquo;au couteau) beaucoup vont jouer sur un humour tr\u00e8s noir et tr\u00e8s incisif, un regard per\u00e7ant et sans complaisance sur l&rsquo;inhumanit\u00e9, l&rsquo;obsc\u00e8ne. Un humour noir a 13\u00b0, ce qui pour un vin de table tape plut\u00f4t fort&#8230; Gare au r\u00e9veil douloureux ! Ce cynisme \u00e2pre, ou \u00e2cre (\u00e7a d\u00e9pend) distille un sentiment ambivalent : \u00c7a rape ou \u00e7a d\u00e9rape car \u00ab\u00a0<em>il suffit de peu de chose pour que tout bascule d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 comme de l&rsquo;autre<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Des dents, des dents !<\/em>).\u00a0 Car il n&rsquo;y a rien qui rattrape le rien dans ces nouvelles, tout semble engonc\u00e9 dans une m\u00e9diocrit\u00e9, une mollesse vile, une bassesse incomparable. Ce pourrait \u00eatre les comices du village, version <em>Freaks <\/em>revisit\u00e9 par Hitchcock. Les hommes, les femmes, les maris, les \u00e9pouses, les ma\u00eetresse, les vieux, les adolescents, les enfants sont saisis au vif, dans leur aigreur, leur visc\u00e9ralit\u00e9, leurs pulsions les plus crasses. Et quant aux animaux&#8230; c&rsquo;est pire ! Oiseaux, chat, chien, singes, tout y passe ! Reste une question en suspend : n&rsquo;y a-t-il rien qui nous rach\u00e8tera sur cette fichue plan\u00e8te ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Serge Cazenave-Sarkis, certes, ne r\u00e9invente pas la nouvelle mais il en exploite habilement les artifices et les art\u00e9facts, surprenant le lecteur par ici, le choquant par ailleurs. Le poursuivant sans rel\u00e2che de son style tranchant, il l&rsquo;accule dans les retranchements de la narration : la lecture s&rsquo;en fait haletante, comme si nous m\u00eames \u00e9tions poursuivis par je ne sais quel d\u00e9traqu\u00e9, l&rsquo;auteur en personne, qui sait ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parfois, rencontrant les unes glauques et hallucinantes des tablo\u00efds comme le Nouveau D\u00e9tective, je me suis toujours demand\u00e9 o\u00f9 ils allaient chercher tous ces faits divers. Maintenant, je sais : ils lisent <em>Hirondelle ou Martinet ? <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Hirondelle ou martinet ?<\/em> est \u00e9galement un projet port\u00e9 par une maison d&rsquo;\u00e9dition, <a href=\"http:\/\/www.editionsdelabatjour.com\/\" target=\"_blank\">L&rsquo;abat-jour<\/a> : le livre est disponible en version num\u00e9rique mais il est \u00e9galement propos\u00e9 <a title=\"Celle qui mangeait le riz froid, Moon Chung-hee\" href=\"http:\/\/fr.ulule.com\/hirondelle-ou-martinet\/\" target=\"_blank\">en souscription dans une version papier<\/a>. Pour voir le jour il\u00a0 faut que le projet atteigne les 100 souscriptions : alors, \u00e0 votre tour, laissez-vous tenter par ce recueil noir et corrosif !<\/p>\n<hr \/>\n<h4 style=\"text-align: justify;\">Poursuivre le cauchemar<\/h4>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/www.calameo.com\/read\/0006766836bd83622824e\" target=\"_blank\">Un extrait<\/a><\/li>\n<li>Sur <a href=\"http:\/\/www.frenchpeterpan.com\/article-hirondelle-ou-martinet-serge-cazenave-sarkis-117389787.html\" target=\"_blank\">frenchpeterpan<\/a><\/li>\n<li>Sur <a href=\"http:\/\/lesoufflenumerique.com\/2013\/05\/02\/hirondelle-ou-martinet\/\" target=\"_blank\">le souffle num\u00e9rique<\/a><\/li>\n<li>Sur\u00a0<a href=\"http:\/\/lepandemoniumlitteraire.blogspot.fr\/2013\/04\/hirondelle-ou-martinet-de-serge.html\" target=\"_blank\">le Pand\u00e9monium<\/a> sur lequel figure \u00e9galement <a href=\"http:\/\/lepandemoniumlitteraire.blogspot.fr\/2013\/04\/interview-de-serge-cazenave-sarkis.html\" target=\"_blank\">un entretien avec Serge Cazenave-Sarkis<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nul n&rsquo;entre ici s&rsquo;il recherche l&rsquo;amour, la paix, la douceur de vivre&#8230; Tel devrait \u00eatre l&rsquo;avertissement au lecteur inscrit en blanc sur noir sur le frontispice de ce livre.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4112,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[410,250,14,72],"tags":[412,411,68],"class_list":["post-4111","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cazenave-serge","category-editions-de-labat-jour","category-lecture","category-nouvelles","tag-cruaute","tag-cynisme","tag-roman-noir"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/05\/hirondelle.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4111","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4111"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4111\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4121,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4111\/revisions\/4121"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/4112"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4111"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4111"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4111"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}