{"id":322,"date":"2008-11-19T12:04:05","date_gmt":"2008-11-19T11:04:05","guid":{"rendered":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=322"},"modified":"2013-03-04T00:29:10","modified_gmt":"2013-03-03T23:29:10","slug":"les-arnaqueurs-jim-thompson","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=322","title":{"rendered":"Les Arnaqueurs &#8212; Jim Thompson"},"content":{"rendered":"<div class=\"livre\">\n<h3>Les Arnarqueurs<br \/>The Grifters<\/h3>\n<h4>Jim Thompson, <br \/>Rivages\/Noir<br \/>traduit de l&rsquo;am\u00e9ricain par Claude Musson<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3432\" alt=\"Les arnaqueurs - Jim Thompson\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/les-arnaqueurs-jim-thompson.png\" width=\"199\" height=\"309\" srcset=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/les-arnaqueurs-jim-thompson.png 199w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/les-arnaqueurs-jim-thompson-150x232.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 199px) 100vw, 199px\" \/><\/div>\n<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A ma grande honte, je suis vraiment inculte en mati\u00e8re de roman noir. A part ceux de Vernon Sullivan, aka Boris Vian, et quelques autres, je n&rsquo;ai quasiment jamais abord\u00e9 ce genre pourtant bien fourni. Ce n&rsquo;est pas que je n&rsquo;aime pas (j&rsquo;adore les films tir\u00e9s de ces romans comme Le faucon Maltais ou encore le Grand Sommeil), ni m\u00eame que j&rsquo;ai un apriori sur ce genre, non ! Simplement je n&rsquo;y pense pas. Apr\u00e8s <a href=\"http:\/\/ekwerkwe.wordpress.com\/2008\/10\/09\/the-grifters-jim-thompson\/\">avoir lu un billet dans le nid d&rsquo;Ekwerkwe<\/a> je me suis d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 me jeter \u00e0 l&rsquo;eau avec Les Arnaqueurs de Jim Thompson.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le roman suit les trajectoires imbriqu\u00e9es de trois arnaqueurs fondamentalement tr\u00e8s diff\u00e9rents. Le personnage principal, Roy Dillon, joue dans la cour des petits : solitaire, il applique deux ou trois \u00ab\u00a0trucs\u00a0\u00bb pour gagner quelques dollars faciles, pas de partenaires, pas de coups trop ambitieux, une vie de VRP m\u00e9diocre qu&rsquo;on croirait bien rang\u00e9e, sans luxe apparent malgr\u00e9 un beau magot amass\u00e9 au fil des ans. Il y a la m\u00e8re, Lilly, qui joue dans la cour des grands : pour Bobo Justus, un bookmaker mafieux avec lequel on ne rigole pas, elle joue de grosses sommes pour trafiquer les cotes des chevaux sur les champs de courses. Oh bien s\u00fbr Lilly joue un peu avec le feu, histoire de se mettre de temps en temps quelques dollars de c\u00f4t\u00e9. Il y a Moira enfin, la ma\u00eetresse de Roy, qu\u2019on croirait \u00ab innocente \u00bb mais dont on apprend au fil du roman qu\u2019elle tente de refourguer de faux diamants et qu\u2019elle a pass\u00e9 dix ans avec un autre arnaqueur, Cole \u00ab le fermier \u00bb qui lui fit vivre ses plus belles ann\u00e9es avant de perdre la raison. Moira n\u2019est pas en soi une arnaqueuse, c\u2019est une associ\u00e9e \u00e0 la recherche de son acolyte, le genre de fille qui use de ses charmes pour mieux amadouer les pigeons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le roman commence quand Roy, \u00e0 la suite d\u2019une petite arnaque, se prend un coup de batte de baseball dans le ventre.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">A pr\u00e9sent, install\u00e9 dans sa voiture et reconsid\u00e9rant les \u00e9v\u00e9nements, il n\u2019arrivait pas \u00e0 d\u00e9celer d\u2019erreur dans sa d\u00e9marche, il n\u2019y avait eu aucune faille dans son num\u00e9ro. C\u2019\u00e9tait seulement un manque de chance. Il \u00e9tait tout simplement tomb\u00e9 sur un os, un os impr\u00e9visible.<br \/> Il devinait juste. Et sans le savoir, il devinait juste aussi pour tout autre chose.<br \/> [\u2026] Il pourrait \u00e9viter la mort s\u2019il se soignait convenablement. Sinon, il ne lui restait que trois jours \u00e0 vivre.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">La fin du premier chapitre bien s\u00fbr donne le ton et le narrateur nous r\u00e9serve bien des surprises. Lilly, sa m\u00e8re qu\u2019il n\u2019a pas revue depuis qu\u2019il a quitt\u00e9 la maison familiale, r\u00e9appara\u00eet soudain et lui sauve la vie en le faisant admettre \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. C\u2019est \u00e0 partir de cette seconde naissance que tout se complique\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La noirceur qui entoure peu \u00e0 peu ces trois personnalit\u00e9s n\u2019est pas lourde mais vaporeuse, elle s\u2019immisce lentement : l\u00e2chet\u00e9, mensonge, trahison, instinct de survie, cupidit\u00e9 extr\u00eame, amour incestueuse, haine\u2026 Le tableau se noircit crescendo, on veut croire avec Roy qu\u2019il y a une issue possible \u00e0 ce cauchemar, que la r\u00e9demption est possible, que m\u00eame les fantasmes les plus obscures doivent rester inassouvis\u2026 Mais quand les engrenages sont en route, plus rien ne les arr\u00eate\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un roman court dont la fin fulgurante nous laisse KO au dernier round, comme si on avait soi-m\u00eame, comme Roy, pris un coup de batte \u00a0de baseball dans le ventre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c7a m\u2019a \u00e9videmment convaincu de lire d\u2019autres romans noirs\u2026 d\u2019autant plus que, de l\u2019avis de certaines, ce n\u2019est pas le meilleur de Thompson.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ah j\u2019ai \u00e9galement vu le film qu\u2019en a fait Stephen Frears et je vous sugg\u00e8re d\u2019aller le lire<a href=\"http:\/\/ekwerkwe.wordpress.com\/2008\/11\/19\/the-grifters-les-arnaqueurs-stephen-frears\"> ce que j\u2019en ai pens\u00e9 dans le nid d\u2019Ekwerkwe<\/a> (attention je d\u00e9voile l&rsquo;intrigue dans ce second billet).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est un roman court dont la fin fulgurante nous laisse KO au dernier round, comme si on avait soi-m\u00eame, comme Roy, pris un coup de batte de baseball dans le ventre.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3432,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,378,23,67],"tags":[379,68],"class_list":["post-322","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lecture","category-rivagesnoir","category-roman","category-thompson","tag-litterature-americaine","tag-roman-noir"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/les-arnaqueurs-jim-thompson.png","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/322","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=322"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/322\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/3432"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=322"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=322"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=322"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}