{"id":306,"date":"2008-11-06T01:56:40","date_gmt":"2008-11-06T00:56:40","guid":{"rendered":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=306"},"modified":"2013-03-04T00:42:27","modified_gmt":"2013-03-03T23:42:27","slug":"notes-de-chevet-sei-shonagon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=306","title":{"rendered":"Notes de chevet &#8212; Sei Sh\u00f4nagon"},"content":{"rendered":"<div class=\"livre\">\n<h3>Notes de chevet<\/h3>\n<h4>Sei Sh\u00f4nagon<strong><br \/> <\/strong>Traduction par Andr\u00e9 Beaujard, <br \/>Connaissance de l&rsquo;Orient, Gallimard\/Unesco<\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/Sei-Shonagon-Notes-de-chevet.gif\" rel=\"lightbox[306]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-3426\" alt=\"Sei Shonagon, Notes de chevet\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/Sei-Shonagon-Notes-de-chevet-227x350.gif\" width=\"227\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/Sei-Shonagon-Notes-de-chevet-227x350.gif 227w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/Sei-Shonagon-Notes-de-chevet-150x230.gif 150w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/Sei-Shonagon-Notes-de-chevet-200x307.gif 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 227px) 100vw, 227px\" \/><\/a><\/p>\n<\/div>\n<blockquote>\n<p>1. Au printemps, c&rsquo;est l&rsquo;aurore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au printemps, c&rsquo;est l&rsquo;aurore que je pr\u00e9f\u00e8re. La cime des monts devient peu \u00e0 peu distincte et s&rsquo;\u00e9claire faiblement. Des nuages violac\u00e9s s&rsquo;allongent en minces tra\u00een\u00e9es. En \u00e9t\u00e9, c&rsquo;est la nuit. J&rsquo;admire, naturellement, le clair de lune ; mais j&rsquo;aime aussi l&rsquo;obscurit\u00e9 o\u00f9 volent en se croisant les lucioles. M\u00eame s&rsquo;il pleut, la nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9 me charme. En automne, c&rsquo;est le soir. Le soleil couchant darde ses brillants rayons et s&rsquo;approche de la cr\u00eate des montagnes. Alors les corbeaux s&rsquo;en vont dormir, et en les voyant passer, par trois, par quatre, par deux, on se sent d\u00e9licieusement triste. Et quand les longues files d&rsquo;oies sauvages paraissent toutes petites ! c&rsquo;est encore plus joli. Puis, apr\u00e8s que le soleil a disparu, le bruit du vent et la musique des insectes ont une m\u00e9lancolie qui me ravit. En hiver, j&rsquo;aime le matin, de tr\u00e8s bonne heure. Il n&rsquo;est pas besoin de dire le charme de la neige ; mais je go\u00fbte \u00e9galement l&rsquo;extr\u00eame puret\u00e9 de la gel\u00e9e blanche ou, tout simplement, un tr\u00e8s grand froid ; bien vite, on allume le feu, on apporte le charbon de bois incandescent ; voil\u00e0 qui convient \u00e0 la saison. Cependant, \u00e0 l&rsquo;approche de midi, le froid se rel\u00e2che, il est d\u00e9plaisant que le feu des brasiers carr\u00e9s ou ronds se couvre de cendres blanches.\u00a0<\/p>\n<p><cite>p.29<\/cite><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><br \/><\/strong><strong><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/li_po_hokusai.jpg\" rel=\"lightbox[306]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"Le po\u00e8te Li Po admirant la cascade de Lo-Shan - Hokusai Iitsu hitsu\" alt=\"\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/li_po_hokusai.jpg\" width=\"246\" height=\"546\" \/><\/a>\u00c9crites par Sei Sh\u00f4nagon il y a un peu plus de mille ans, ces <em>Notes de chevets<\/em> (appel\u00e9es parfois \u00e9galement <em>Notes de l&rsquo;oreiller<\/em>), ces <em>s\u00f4shi <\/em>sont les \u00e9crits intimes, le journal quotidien de cette dame d&rsquo;honneur au service d&rsquo;une princesse. C&rsquo;est une lecture \u00e9tonnante mais savoureuse qu&rsquo;il est pr\u00e9f\u00e9rable de prendre par petites bouch\u00e9es, comme des gourmandises. Et puis y revenir. On y d\u00e9couvre un inventaire gigantesque, ordonnanc\u00e9 mais pas class\u00e9 et inversement. Il n&rsquo;y pas aucun plan, aucune volont\u00e9 de marteler un message, elle peut \u00e9mettre un jugement moral, mais n&rsquo;en fera pas une r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale (comme le feront nos moralistes, La Bruy\u00e8re, S\u00e9vign\u00e9, avec lesquels on peut cependant trouver quelques similitudes). Elle explore, parfois en se r\u00e9p\u00e9tant. Elle d\u00e9crit le monde comme il vient, en suivant ses humeurs : tel mot lui rappelle une anecdote et le r\u00e9cit d\u00e9rive emport\u00e9 par cette vague et le ressac nous ram\u00e8ne au point de d\u00e9part.\u00a0 Cela donne l&rsquo;impression d&rsquo;une \u00e9criture qui digresse sans cesse tout en restant principalement centr\u00e9e sur l&rsquo;intimit\u00e9 de sa narratrice, sur ce qu&rsquo;elle ressent, ce qu&rsquo;elle juge, soup\u00e8se&#8230; On y trouve \u00e9galement beaucoup de tableaux tr\u00e8s vivants du Japon de l&rsquo;an mil, des chevaliers, des femmes, des vieux, des enfants, plein de petites sc\u00e8nes qui se rejouent sous nos yeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne l&rsquo;ai pas encore fini, mais je l&rsquo;aime d\u00e9j\u00e0 ce livre que l&rsquo;on parcourt comme on explore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Merci Ekwe de me l&rsquo;avoir sugg\u00e9r\u00e9&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9crites par Sei Sh\u00f4nagon il y a un peu plus de mille ans, ces Notes de chevets, ces s\u00f4shi sont les \u00e9crits intimes, le journal quotidien de cette dame d&rsquo;honneur au service d&rsquo;une princesse. 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