{"id":166,"date":"2008-10-22T17:47:00","date_gmt":"2008-10-22T15:47:00","guid":{"rendered":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=166"},"modified":"2013-02-23T22:34:44","modified_gmt":"2013-02-23T21:34:44","slug":"lannee-derniere-a-marienbad-resnais-et-robbe-grillet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/labyrinthiques.fr\/?p=166","title":{"rendered":"L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Marienbad &#8212; Resnais et Robbe-Grillet"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"livre\">\n<h3>L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Marienbad<\/h3>\n<h4>Un film d&rsquo;Alain Resnais (1961)<br \/>Sc\u00e9nario et dialogues d&rsquo;Alain Robbe-Grillet<br \/>Avec Delphine Seyrig, Giorgio Altertazzi<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-168 alignnone\" title=\"L'affiche de L'ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Marienbad\" alt=\"\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/annee-marienbad-255x350.jpg\" width=\"255\" height=\"350\" \/><\/p>\n<\/div>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des salles silencieuses o\u00f9 les pas de celui qui s\u2019avance sont absorb\u00e9s par des tapis si beaux, si \u00e9pais, qu\u2019aucun bruit de pas ne parvient \u00e0 sa propre oreille. Comme si l\u2019oreille, elle-m\u00eame, de celui qui s\u2019avance, une fois de plus, le long de ce couloir, \u00e0 travers ces salons, ces galeries, dans cette construction d\u2019un autre si\u00e8cle, cet h\u00f4tel immense, luxueux, baroque, lugubre o\u00f9 des couloirs interminables se succ\u00e8dent aux couloirs, silencieux, d\u00e9serts, surcharg\u00e9s par des corps sombres froids des boiseries, de stucs, des panneaux moulur\u00e9s, marbres, glaces noires, tableaux aux teintes noires, colonnes, encadrements sculpt\u00e9s des portes, enfilades de portes, de galeries, de couloirs transversaux qui d\u00e9bouchent \u00e0 leur tour sur des salons d\u00e9serts, des salons surcharg\u00e9s d\u2019une ornementation d\u2019un autre si\u00e8cle. Des salles silencieuses o\u00f9 les pas de celui qui s\u2019avance\u2026<\/p>\n<\/blockquote>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Un ruban m\u00f6busien<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi commence <em>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Marienbad<\/em>, des deux Alain, Resnais et de Robbe-Grillet, par la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019un texte, par une s\u00e9quence narrative s\u00e9rielle d\u2019un texte qui se mord la queue, comme un serpent. Le texte se r\u00e9p\u00e8te, d\u00e9cline parfois un d\u00e9tail, un presque rien, et d\u00e9gage une impression de temps arr\u00eat\u00e9, ou plut\u00f4t de temps emprisonn\u00e9 dans une m\u00e9moire qui ressasse, qui r\u00e9p\u00e8te, comme une boucle infinie, un long et lent <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ruban_de_M%C3%B6bius\">ruban m\u00f6biusien<\/a> sur lequel les personnages et le spectateur sont condamn\u00e9s \u00e0 l\u2019errance. Ce ruban infini, c\u2019est cette pellicule qui se d\u00e9roule sous nos yeux, c\u2019est cette m\u00e9moire peu fiable et en m\u00eame temps si prolixe, si cr\u00e9ative, c\u2019est ce m\u00e9lange de souvenirs et de fantasmes qui se fondent en donnant une impression de r\u00e9el et d\u2019imposture lorsque nous tentons de nous souvenir.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/miroirs.jpg\" rel=\"lightbox[166]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-172\" title=\"Jeux de miroirs\" alt=\"\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/miroirs.jpg\" width=\"500\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/miroirs.jpg 550w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/miroirs-350x139.jpg 350w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/miroirs-150x59.jpg 150w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/miroirs-200x79.jpg 200w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/miroirs-400x159.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette impression de d\u00e9part, qui contraste avec les longs travellings dans cet h\u00f4tel labyrinthique, d\u00e9taillant les stucs du plafond, les tapis \u00e9pais, les couloirs, les enfilades de porte\u2026, elle perdure tout au long du film qui \u00ab raconte \u00bb la recherche obstin\u00e9e du souvenir, quasi subconscient d\u2019une rencontre amoureuse avec une femme. Cette rencontre, pass\u00e9e et pr\u00e9sente, on le d\u00e9couvre peu \u00e0 peu, devient le point de cristallisation d\u2019un trauma central pos\u00e9 comme une \u00e9nigme non r\u00e9solue.<\/p>\n<div id=\"attachment_170\" style=\"width: 422px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/seirig.jpg\" rel=\"lightbox[166]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-170\" class=\"size-full wp-image-170\" title=\"Delphine Seyrig, hypnotique et diaphane\" alt=\"Delphine Seyrig, hypnotique et diaphane\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/seirig.jpg\" width=\"412\" height=\"192\" srcset=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/seirig.jpg 412w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/seirig-350x163.jpg 350w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/seirig-150x69.jpg 150w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/seirig-200x93.jpg 200w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/seirig-400x186.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 412px) 100vw, 412px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-170\" class=\"wp-caption-text\">Delphine Seyrig, hypnotique et diaphane&#8230;<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les trois personnages n\u2019ont pas de noms. Il y a le narrateur (X) et personnage central jou\u00e9 par Giorgio Albertazzi, dont l\u2019accent italien \u2013 c\u2019est la voix off des <em>Nuits Blanches<\/em> de Visconti \u2013 ajoute quelque chose de lancinant, d\u2019exotique et de baroque \u00e0 la narration de ce film. Il y a la femme (A), jou\u00e9 par Delphine Seyrig (<em>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Marienbad<\/em> est son deuxi\u00e8me film et d\u00e9j\u00e0 elle impose une pr\u00e9sence hypnotique, diaphane qu\u2019on retrouvera, par exemple, dans les films de Duras). Et il y a le mari (M) de la femme, jou\u00e9 par Sacha Pito\u00ebff : un homme qui para\u00eet glacial, et qui semble passer son temps \u00e0 jouer.<\/p>\n<p>Je laisse le soin \u00e0 Bernard Pingaud de r\u00e9sumer les sch\u00e9mas narratifs entrem\u00eal\u00e9s qui constituent les clefs de vo\u00fbte de cette architecture baroque :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">X a rencontr\u00e9 A, l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, dans cet h\u00f4tel ; ils se sont aim\u00e9s, elle a accept\u00e9 de fuir avec lui. Mais au dernier moment craignant la r\u00e9action de M, elle lui a demand\u00e9 un d\u00e9lai. Ce d\u00e9lai est \u00e9coul\u00e9 et X vient aujourd&rsquo;hui la chercher.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Premier d\u00e9placement : A ne reconna\u00eet pas X. Elle a oubli\u00e9. X s&rsquo;\u00e9tonne, rappelle des faits, des dates, cite des conversations, d\u00e9crit des sc\u00e8nes qu&rsquo;il ne peut pas avoir invent\u00e9es. Pr\u00e9sente m\u00eame \u00e0 l&rsquo;appui de ses dires une photographie. A persiste \u00e0 ne pas se souvenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deuxi\u00e8me d\u00e9placement : il se pourrait que X se trompe. Peut \u00eatre a-t-il eut une aventure ici m\u00eame l&rsquo;an dernier, mais c&rsquo;\u00e9tait avec une autre femme. Ou peut \u00eatre A a-t-elle eut une aventure avec un certain Frank, dont le nom revient \u00e0 plusieurs reprises dans les conversations des clients de l&rsquo;h\u00f4tel. L&rsquo;histoire se brouille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Troisi\u00e8me d\u00e9placement : X insiste, et comme si la force de son discours \u00e9tait communicative, comme s&rsquo;il suffisait d&rsquo;\u00e9voquer le pass\u00e9 avec suffisamment de conviction pour que ce pass\u00e9 existe, il r\u00e9ussit \u00e0 entra\u00eener A. \u00c0 ce niveau aucun fait n&rsquo;est plus v\u00e9rifiable : seul le d\u00e9nouement identifiera l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quatri\u00e8me et dernier d\u00e9placement : la fuite des amants est racont\u00e9e au pass\u00e9 de telle sorte que l&rsquo;histoire peut recommencer au d\u00e9but : c&rsquo;est l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re qu&rsquo;elle a eut lieu, il ne s&rsquo;agit jamais que de la r\u00e9p\u00e9ter ind\u00e9finiment&#8230;<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9videmment, ces sch\u00e9mas narratifs \u00e0 eux seuls ne peuvent r\u00e9sumer le film. Ils donnent cependant \u00e0 apercevoir, comme l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9pli\u00e9es, des nombreuses couches narratives auxquelles on pourrait rajouter des couches symboliques, psychanalytiques, mythologiques, historiques, etc&#8230; Ces couches, ces strates narratives, comme un livre aux pages froiss\u00e9es et coll\u00e9es, se superposent ou s&rsquo;interp\u00e9n\u00e8trent, se correspondent ou se contredisent, s&rsquo;agglutinent ou se d\u00e9litent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/adam_statues.jpg\" rel=\"lightbox[166]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-171\" title=\"Que racontent les statues\" alt=\"\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/adam_statues-300x173.jpg\" width=\"300\" height=\"173\" \/><\/a>On trouve diss\u00e9min\u00e9s dans le film des \u00e9l\u00e9ments qui sont comme des leitmotivs, des pi\u00e8ces d&rsquo;un puzzle dispers\u00e9es, que la m\u00e9moire ajuste \u00e0 chaque fois de mani\u00e8re diff\u00e9rente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019en cite quelques-uns p\u00eale-m\u00eale :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px; text-align: justify;\">&#8212; les statues dont les divergences d\u2019interpr\u00e9tation permettent une multiplication de la trame narrative ;<br \/>le parc, \u00ab\u00a0<em>ces jardins \u00e0 la fran\u00e7aise<\/em>\u00ab\u00a0, qui est aussi labyrinthique que le ch\u00e2teau et qui permet de brouiller les pistes en jouant sur les deux plans : ext\u00e9rieur\/int\u00e9rieur, conscient\/inconscient, r\u00e9el\/imaginaire, champs\/hors champs, etc. ;<br \/>&#8212; les jeux : le poker qui symbolise le bluff, ou ce jeu de Nim, rendu c\u00e9l\u00e8bre sous le nom de &lsquo;jeu de Marienbad&rsquo; (je ne m\u2019\u00e9tends pas l\u00e0-dessus car il y a d\u00e9j\u00e0 beaucoup d\u2019\u00e9crits l\u00e0-dessus) et qui permet \u00e0 M de r\u00e9p\u00e9ter cette phrase sentencieuse : \u00ab Je peux perdre, mais je gagne toujours \u00bb ; le tir au pistolet qui sert aussi de pr\u00e9texte \u00e0 faire monter la tension dramatique ;<br \/>&#8212; Les miroirs qui donnent au film une dimension vertigineuse et accentuent le baroque du ch\u00e2teau ;<br \/>&#8212; La photographie o\u00f9 figure A assise dans le parc, et qui est la \u00ab preuve \u00bb tangible qui ne peut \u00eatre ni\u00e9e par la m\u00e9moire : preuve oui mais qui ne d\u00e9signe pas le t\u00e9moin qui la prise\u00a0 ;<br \/>&#8212; Le talon cass\u00e9 de A qui renvoie \u00e0 l\u2019histoire de Cendrillon (le film s\u2019ach\u00e8ve sur les douze coups de minuit qui, \u00e0 mon sens, mart\u00e8lent la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cet intertexte) ;<br \/>&#8212; \u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique et la bande sonore ont une importance capitale et je n\u2019ai cess\u00e9 de penser \u00e0 <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Michel_Chion\">Michel Chion<\/a> pendant le film, tant Resnais use de tous les moyens d\u2019interactions possibles entre sons et images. Ainsi parfois la source sonore, bruitage et musique, est visible \u00e0 l\u2019\u00e9cran, parfois hors champs, parfois compl\u00e8tement d\u00e9cal\u00e9e par rapport \u00e0 l\u2019image (c\u2019est par exemple cette sc\u00e8ne, tr\u00e8s forte \u00e9motionnellement, o\u00f9 un ensemble \u00e0 cordes joue tandis que la bande son hurle des notes d\u2019orgue). La bande son comme l\u2019image, comme le montage sert ici aussi bien \u00e0 structurer qu\u2019\u00e0 d\u00e9construire le r\u00e9cit.<\/p>\n<div id=\"attachment_173\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/jeudenim.jpg\" rel=\"lightbox[166]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-173\" class=\"size-full wp-image-173\" title=\"Le jeu de Marienbad rendu c\u00e9l\u00e8bre par le film\" alt=\"Le jeu de Marienbad rendu c\u00e9l\u00e8bre par le film\" src=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/jeudenim.jpg\" width=\"500\" height=\"202\" srcset=\"https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/jeudenim.jpg 550w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/jeudenim-350x141.jpg 350w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/jeudenim-150x60.jpg 150w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/jeudenim-200x81.jpg 200w, https:\/\/labyrinthiques.fr\/wp-content\/uploads\/2008\/10\/jeudenim-400x162.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-173\" class=\"wp-caption-text\">Le jeu de Marienbad rendu c\u00e9l\u00e8bre par le film<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne vais pas m\u2019\u00e9tendre davantage sur ce film que j\u2019ai \u00e9videmment beaucoup aim\u00e9 (et comme souvent avec les choses que j\u2019aime, j\u2019ai attendu longtemps avant de m\u2019y plonger) et qui m&rsquo;a donn\u00e9 l&rsquo;envie de (re-)lire Alain Robbe-Grillet. Ce film n&rsquo;a pas l&rsquo;air facile d\u2019acc\u00e8s et peut para\u00eetre r\u00e9serv\u00e9 aux seuls cin\u00e9philes mais cependant j\u2019ai trouv\u00e9 qu\u2019il pouvait se regarder comme on lit un livre : soit avec cet effort constant qui permet, par un maillage intellectuel, de donner du sens \u00e0 la lecture, soit avec cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du regard qui nous permet d\u2019\u00eatre \u00e9blouis, \u00e9mus, transport\u00e9s jusqu\u2019au ravissement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour finir je vous livre ce tr\u00e8s beau passage litt\u00e9raire qui constitue l\u2019\u00e9pilogue du film :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le parc de cet h\u00f4tel \u00e9tait une sorte de jardin \u201c\u00e0 la fran\u00e7aise\u201d. Sans arbres, sans fleurs, sans v\u00e9g\u00e9tation aucune. Le gravier, la pierre, le marbre, la ligne droite y marquaient des espaces rigides, des surfaces sans myst\u00e8re. Il semblait au premier abord impossible de s\u2019y perdre. Au premier abord. Le long des all\u00e9es rectilignes, entre les statues aux gestes fig\u00e9s et les dalles de granit o\u00f9 vous \u00e9tiez d\u00e9j\u00e0, maintenant, en train de vous perdre, pour toujours, dans la nuit tranquille. Seule avec moi.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><div class=\"media-wrap\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.youtube.com\/embed\/NDgn46pRPXU\" height=\"362\" width=\"648\" allowfullscreen=\"\" frameborder=\"0\"><\/iframe><\/div>\n<\/p>\n<hr \/>\n<h3>Pour poursuivre le voyage<\/h3>\n<ul>\n<li><a href=\"http:\/\/films.blog.lemonde.fr\/2007\/03\/24\/annee-derniere-marienbad\">http:\/\/films.blog.lemonde.fr\/2007\/03\/24\/annee-derniere-marienbad<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.cineclubdecaen.com\/realisat\/resnais\/anneederniere.htm\">http:\/\/www.cineclubdecaen.com\/realisat\/resnais\/anneederniere.htm<\/a><\/li>\n<li>Sur le <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jeu_de_Nim\">jeu de Nim<\/a> et celui de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jeu_de_Marienbad\">Marienbad<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Des salles silencieuses o\u00f9 les pas de celui qui s\u2019avance sont absorb\u00e9s par des tapis si beaux, si \u00e9pais, qu\u2019aucun bruit de pas ne parvient \u00e0 sa propre oreille. 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